Sylvie Testud en terre inhospitalière

Sylvie Testud dans le rôle d'Hélène dans "Eden" (2019=
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Sylvie Testud dans le rôle d'Hélène dans "Eden" (2019=
Sylvie Testud dans le rôle d'Hélène dans "Eden" (2019=
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Sylvie Testud incarne Hélène, une directrice de camp de réfugiés à Athènes, dans la série "Eden" de Dominik Moll (diffusée sur Arte à partir du 2 mai 2019).

Avec

Eden, une série chorale qui multiplie les points de vue : ceux de Amare et de son frère, Daniel, hébergés dans un camp grec de réfugiés dirigé par Hélène, celui des gardiens du lieu, Alexandros et Yiannis, ceux d’une famille d’Allemands de Mannheim, qui, de retour de leurs vacances en Grèce, décident d’héberger un jeune Syrien, Bassam. Ceux des Syriens Hamad et Maryam qui, à Paris, font une demande d’asile politique... 

C'est un sujet sensible ; tout le monde a une sorte d’idée, guidée ou par la peur ou par le fantasme… (...) Mais la série pose une question encore plus générale : on en est où des relations humaines ? 

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Le ton de cette fiction réaliste est donné dès la scène d’ouverture, l'un des producteurs s'étant inspiré d'une scène similaire à laquelle il avait assisté : un canot de sauvetage rempli de femmes, d’hommes et d’enfants accoste sur une plage de l’Île de Kos en Grèce, devant le regard médusé des vacanciers. 

Au travers du personnage d'Hélène, une entrepreneure qui dirige un camp de réfugiés en Grèce, Dominik Moll filme l’affairisme ambiant et la privatisation de la question des réfugiés.

Elle est formatée par quelque chose où elle appréhende la question migratoire par des chiffres, des volumes. (...) Je ne savais pas que quelqu’un s’était dit un jour : je vais faire une entreprise privée pour migrants. Ça existe.

Sylvie Testud revient sur les relations franco-allemande face à la crise des migrants. Car les portes de l’Eden ne s’ouvrent pas à tous.

Quelque chose m’a blessée. C’est la fierté d’avoir dit qu’on a accueilli un million de migrants [en Allemagne]. Je crois qu'on n’est pas "fiers". Les Justes, ils n’étaient pas fiers de sauver les juifs, ils l’ont fait parce qu’ils ont considéré que c’était normal.

La Grande table idées
35 min

Extraits sonores : 

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