Zineb Sedira à l'ouverte de la 59e Biennale de Venise, le 19 avril 2022, Venise (Italie)
Zineb Sedira à l'ouverte de la 59e Biennale de Venise, le 19 avril 2022, Venise (Italie)
Zineb Sedira à l'ouverte de la 59e Biennale de Venise, le 19 avril 2022, Venise (Italie) ©Getty - Felix Hörhager/picture alliance via Getty Images
Zineb Sedira à l'ouverte de la 59e Biennale de Venise, le 19 avril 2022, Venise (Italie) ©Getty - Felix Hörhager/picture alliance via Getty Images
Zineb Sedira à l'ouverte de la 59e Biennale de Venise, le 19 avril 2022, Venise (Italie) ©Getty - Felix Hörhager/picture alliance via Getty Images
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Résumé

A l’occasion de la 59e Biennale internationale d’art de Venise 2022 où elle représente la France et où elle a obtenu la mention spéciale du jury, Zineb Sedira vient nous parler de sa création 'Les rêves n’ont pas de titre".

avec :

Zineb Sedira (Artiste, photographe).

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A l’image du titre de son projet présenté au Palais de Tokyo entre 2010 et 2011, Zineb Sedira est une parfaite "Gardienne d’images". A Venise, cette figure du multiculturalisme marie ses origines algériennes, son identité française et sa nouvelle vie anglaise. Cet ancrage multiple rentre en écho avec les autres créations de la Biennale, où, pour Zineb Sedira, "on voit quelque chose de nouveau car les 5 prix décernés ont été plus ou moins décernés au monde africain ou de la diaspora africaine. Il y a une référence au monde africain et à cette richesse produite dans l'art contemporain longtemps ignorée, qui est désormais reconnue".

A cette réflexion personnelle sur les origines s’intègre un ensemble de films des années 60. Zineb Sedira reconnaît en effet avoir "toujours estimé qu'il fallait retourner vers le passé pour mieux comprendre le présent, mais aussi le futur". Certains des films intégrés à la création sont des références, comme La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo, sorti en 1966. D'autres sont méconnus du grand public, à l’instar des Mains libres du réalisateur italien Ennio Lorenzini, tourné entre 1964 et 1965. Ce premier long métrage en couleurs algérien, réputé perdu, ressort grâce à Zineb Sedira de cartons romains et prend place dans le Pavillon français.

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Ce cinéma des années 60 a ainsi permis des collaborations entre divers pays, "de belles histoires de fraternité mais aussi l'idée de vouloir travailler avec d'autres cultures, d'autres traditions". Une puissance des mémoires recherchée par l'artiste : "je pense qu’avec l'art on peut faire un peu ce qu’on veut, on peut jouer, ressasser, remanier, découper, mélanger ces mémoires – sacralisées ou pas". Elle ajoute : "j’estime que pour parler de politique, c’est toujours beaucoup plus simple ou audible quand c’est lié au personnel. Je crois vraiment que le personnel est politique. Mais moi j’ai toujours estimé que, dans mon travail, j’étais une activiste mais que je faisais de la politique à travers mon histoire personnelle".

Zineb Sedira transcende alors les clivages, les métamorphose en arts et inspirations : "je suis un héritage de cette post-colonialité donc je m’utilise pour parler de cette problématique mais aussi de cette richesse. C’est un film qui célèbre les alliances entre ces trois pays [France, Algérie et Italie]. Contrairement à mon travail habituel où je pointe du doigt, là je pointe du doigt mais je célèbre aussi. Donc c’est vraiment une œuvre qui célèbre et qui se termine sur une danse". Alors, dansons !

33 min

Extraits sonores :

  • Bande-annonce de l'œuvre Les rêves n'ont pas de titre de Zineb Sedira présentée à la 59e Biennale de Venise
  • Entretien de Georges Didi-Huberman dans l'émission "Par les temps qui courent" sur France Culture, 2010
  • Entretien de Kamel Daoud dans l'émission "Les Matins de France Culture", sur France Culture, 14 février 2022
Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration