Olivier Py dans la Cour d'honneur du Palais des papes, 2019. - © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon
Olivier Py dans la Cour d'honneur du Palais des papes, 2019. - © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon
Olivier Py dans la Cour d'honneur du Palais des papes, 2019. - © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon
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Résumé

Il était une fois encore, le Festival d’Avignon… Cette année, c’est le thème du récit qui est à l’honneur. Et pour cette dernière édition avec Olivier Py à sa tête, on plonge dans la mémoire du festival, immortalisée chaque année par le photographe Christophe Raynaud de Lage.

avec :

Olivier Py (Directeur du Festival d’Avignon, homme de théâtre), Blandine Masson (Réalisatrice et directrice de la fiction sur France Culture), Christophe Raynaud-de-Lage (Photographe).

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Ouverture de cette semaine spéciale en direct du Festival d’Avignon en compagnie de nos trois invités qui le connaissent si bien…

Olivier Py, comédien et metteur en scène, a été le premier artiste à prendre la direction du festival depuis son fondateur Jean Vilar en 1947. Après bientôt neuf ans à la tête de ce dernier, il s’apprête à laisser sa place en septembre au metteur en scène portugais Tiago Rodrigues. Nous revenons avec lui sur les temps forts du festival et sur l’importance que ce dernier a eu sur sa carrière.

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Avignon et Olivier Py, une histoire de premières fois

Avignon a été dans sa vie le lieu par excellence des premières fois : première fois sur scène et première grande émotion en tant que spectateur en 1985, devant le Lucrèce Borgia d'Antoine Vitez à la Cour d'honneur du Palais des papes et le Mahabharata de Peter Brook ; premier grand succès en tant qu’auteur-metteur en scène avec La Servante en 1995 dans le gymnase du lycée d'Aubanel. Il revient cette année présenter dans le même lieu Ma jeunesse exaltée, grande fresque tragi-comique au long cours qui dresse le portrait d'une jeunesse indomptable ; non pas la sienne, mais bien celle à laquelle il laisse la place...

L'occasion pour Olivier Py de rappeler ce qui fait la force du festival, qui s'avère d'autant plus précieuse dans les temps troublés que nous vivons :

"La force symbolique, mythique du festival n’a jamais cessé de grandir. On ne le doit qu’au public, à ceux qui font le festival. Quelques fois on a même une terreur sacrée face à la force de ce festival, mais c’est aussi que tout autour, les éléments de transcendance, les choses réellement exaltantes, les outils pour donner sens à nos vies, les aides pour qu’elles aient un peu plus de dignité, tout ça s’effondre partout. Au festival, on retrouve quelque chose qu’on ne retrouve plus beaucoup ailleurs. Et j’ai envie de dire au public d’Avignon : qui d’autre que nous ? Qui d’autre que nous rêve encore d’un monde meilleur, qui d’autre que nous rêve d’une transcendance, qui d’autre que nous croit encore à la force du poème, qui d’autre que nous est encore capable d’acclamer la jeunesse comme nous le faisons au festival ?" Olivier Py

L'occasion également de rappeler la dimension éminemment politique du théâtre :

"Il se passe une véritable utopie, la formation d’une communauté d’esprits, une espérance tout à fait unique car elle est non hiérarchique et qu’elle s’exprime d’abord par l’art, par la joie et par la fête. Ce qui se passe là est certainement de l’ordre du politique, et ces dix dernières années nous avons agrandi cette dimension politique du festival à condition d’entendre le mot politique comme un mot d’amour et non comme stratégie de pouvoir." Olivier Py

"Le narratif est une arme. Il y a cette présence du mensonge aujourd’hui comme une arme politique de destruction massive. Nous, nous ne faisons pas du mensonge, nous faisons de la fiction, c’est tout le contraire." Olivier Py

Photographier le Festival d'Avignon

Christophe Raynaud de Lage est depuis dix-sept ans le photographe officiel du Festival d'Avignon et n'a cessé de l'immortaliser, depuis les coulisses jusqu'aux représentations. Habitué à l'ombre, il vient aujourd'hui dans la lumière nous présenter l'exposition "L’œil présent. Photographier le Festival d’Avignon au risque de l’instant suspendu" consacrée à son travail. Cette dernière propose non pas une rétrospective mais bien un parcours immersif et sensible dans la mémoire du festival :

"La photographie, c’est le meilleur média pour rendre compte du spectacle vivant, la tentative que j’ai à chaque fois c’est de restituer une émotion, c’est d’aller au delà d’un rapport qui serait juste illustratif." Christophe Raynaud de Lage

"J’ai essayé de caractériser ce qui fait qu’Avignon est unique ; j’ai commencé par les lieux parce que c’est le premier élément qui singularise le festival dans la manière où ça nous rassemble, avec cette multiplicité des lieux et leur proximité, on est rassemblé et on va vivre une expérience commune." Christophe Raynaud de Lage

France Culture à Avignon

En fin d’émission, Blandine Masson vient nous présenter les créations de France Culture qui ont lieu du 10 au 18 juillet dans le jardin du Musée Calvet.

À écouter : Avignon – Fictions

Extraits

  • Jean-Pierre Vernant, archive INA du 23 novembre 1998
  • Jean Vilar à propos de la Cour d'honneur du Palais des papes, entretien avec Agnès Varda, 1965
  • Extrait de représentation de Ma jeunesse exaltée (Olivier Py) au Festival d'Avignon 2022
Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Jeanne Dassas
Stagiaire
Théa Corler
Stagiaire