L’écrivain tanzanien et Prix Nobel de Littérature 2021, Abdulrazak Gurnah, Paris, 16 juin 2022
L’écrivain tanzanien et Prix Nobel de Littérature 2021, Abdulrazak Gurnah, Paris, 16 juin 2022
L’écrivain tanzanien et Prix Nobel de Littérature 2021, Abdulrazak Gurnah, Paris, 16 juin 2022 ©AFP - JOEL SAGET / AFP
L’écrivain tanzanien et Prix Nobel de Littérature 2021, Abdulrazak Gurnah, Paris, 16 juin 2022 ©AFP - JOEL SAGET / AFP
L’écrivain tanzanien et Prix Nobel de Littérature 2021, Abdulrazak Gurnah, Paris, 16 juin 2022 ©AFP - JOEL SAGET / AFP
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Résumé

Poursuite de notre entretien avec le Prix Nobel de Littérature 2021 qui se penche avec nous sur les problématiques historiques, sociales, politiques ou économiques traversant l’ensemble de son œuvre.

avec :

Abdulrazak Gurnah (Ecrivain zanzibarite, Prix Nobel de littérature 2021).

En savoir plus

Comment rendre compte d’autres points de vue, notamment celui des dominés, dans un monde édifié, raconté, mythifié par le colonisateur occidental ? « Cette idée de narratifs en collision a été très importante pour moi, nous dit Abdulrazak Gurnah, parce que j'ai grandi immédiatement après une longue période d'impérialisme, et le narratif britannique de l'Empire était très différent de celui des pays colonisés. » C’est sûrement un des enjeux forts de la littérature d’Abdulrazak Gurnah que de proposer ces récits alternatifs, loin de toute dichotomie manichéenne et adoptant des perspectives subjectives d’habitude peu romancées et donc entendues. Dans les récits officiels, « il y a beaucoup de choses qui sont omises et dissimulées. Sans même parler de l'impossibilité à entrer dans l'existence des colonisés. Il y a ainsi une censure délibérée pour s'assurer que certaines activités ne soient pas racontées, décrites parce qu'elles étaient honteuses ou cruelles, ou parce qu'il y avait de la torture, de la violence. »

Des figures majeures de la société swahili apparaissent : des marchands aux esclaves, des indiens aux arabes, des pères de famille aux sœurs brimées dans leur quête de liberté et d’émancipation. La question de l’asservissement et de ce qui nous contraint reste saillante dans les ouvrages de Gurnah :  « être contraint à faire certaines tâches ne signifie pas qu'on n'a pas une vie intérieure - et cette vie intérieure ne peut pas être réduit en esclavage. C'est ça qui permet aux esclaves, aux personnes réduites en esclavage de continuer à se rebeller. Et si l'esclavage s'achève, de poursuivre de l'autre côté. »

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Si dans ses romans, Gurnah part souvent de l’époque coloniale, il fait preuve d’une acuité sensible et réaliste sur le monde qu’est le nôtre. Sensible à la problématique des réfugiés ou de la place des femmes, Gurnah propose d’investir toujours plus dans l’éducation, un enjeu majeur dans la réduction des inégalités entre les sociétés.  Il nous explique : « Je ne peux parler correctement que de Zanzibar en réalité, car je ne connais pas tant de choses sur l'ensemble de la Tanzanie (…) un pays de plus de 50 millions d'habitants. Mais en parlant de Zanzibar, ce dont on a besoin, tout le monde le reconnaît même le gouvernement, ce sont des écoles, c'est l'éducation qu'il faut améliorer ».

26 min

Extraits sonores :

  • Extrait d'une masterclass de Salman Rushdie sur France Culture, 13 mai 2020
  • Extrait d'une interview de Toni Morrison à la télévision australienne, 1993
Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Henri Le Blanc
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration