La plage du port de Ras Hamidou près du quartier de Bab-El-Oued à Alger, le 12.08.00 ©AFP - HZ
La plage du port de Ras Hamidou près du quartier de Bab-El-Oued à Alger, le 12.08.00 ©AFP - HZ
La plage du port de Ras Hamidou près du quartier de Bab-El-Oued à Alger, le 12.08.00 ©AFP - HZ
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Résumé

L'avocate algérienne Wassyla Tamzali et l'historienne française Michelle Perrot, toutes deux impliquées dans le combat féministe, ont engagé une discussion sur la France et l'Algérie, sur la mémoire et l'histoire et sur le féminisme dans "La Tristesse est un mur entre deux jardins".

avec :

Michelle Perrot (historienne, professeure émérite d’histoire contemporaine à l'université Paris-Diderot.), Wassyla Tamzali (essayiste, ancienne avocate à Alger et ancienne directrice des droits des femmes à l'Unesco, membre fondateur du Collectif Maghreb Egalité et directrice du centre d’art contemporain « Les ateliers sauvages »).

En savoir plus

Dans La tristesse est un mur entre deux jardins - Algérie, France, féminisme (Odile Jacob, 2021), Michelle Perrot et Wassyla Tamzali s'engagent dans un dialogue entre leur "deux jardins" pour reprendre les mots du poète libanais Khalil Gibran. L'une est une historienne féministe française, l'autre est une avocate féministe algérienne. 

Elles engagent une correspondance dans laquelle elles vont aborder les sujets qui traversent le débat intellectuel, notamment en France : la France et l'Algérie après le Hirak en 2019 et leur rapport à l'histoire et à la mémoire. 

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Aujourd'hui la demande des algériens est très claire. Ils n'attendent pas d'excuses. Ils aimeraient aider la France à prendre conscience de ce monde colonial dans lequel elle s'est beaucoup formée, car c'est un poids dans l'Histoire de la France. Ce que demandent ces jeunes générations, qui n'ont connu ni colonialisme, ni esclavagisme, c'est d'entendre une volonté de ces grandes nations. Qu'elles disent : "C'est fini, on veut sortir du colonialisme". (Wassyla Tamzali)

Elles se questionnent d'abord sur les raisons de cette résurgence du passé dans le présent. 

Le passé revient non pas à cause du passé, mais à cause du présent. [...] La résilience ne peut pas se faire par rapport au passé. Elle ne peut se faire que par rapport au présent. Aujourd'hui, le passé ne passe pas à cause du présent. (Wassyla Tamzali) 

En revenant sur le rapport Stora, les deux intellectuelles se questionnent sur les moyens de passer de la mémoire à l'histoire afin d'apporter une réparation et un apaisement aux Algériens. Alors que Michelle Perrot salut, 

Un petit pas qui est en fait un grand pas. (Michelle Perrot) 

Wassyla Tamzali est plutôt de l'avis que ce rapport incarne une politique des petits pas peu efficace. 

La politique des petits pas ... ce sont des éponges mouillées. On essaie d'éteindre les feux, or il y a des feux tragiques mais salvateurs ... On a vidé notre Histoire de son feu pour ne laisser que les cendres. Mais que fait-on des cendres ? Rien. (Wassyla Tamzali) 

27 min