"Tout fonctionne par👍, par ♥️, par le plaisir. En nous séduisant, nous donnons toutes nos informations volontairement tout le temps"
"Tout fonctionne par👍, par ♥️, par le plaisir. En nous séduisant, nous donnons toutes nos informations volontairement tout le temps" ©Getty
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Avec Bernard E. Harcourt, Professeur de droit à Columbia University, pour "La Société d'exposition" (Seuil, janvier 2020).

Avec
  • Bernard Harcourt professeur en droit à Columbia University et directeur d'études à l'EHESS

Bernard Harcourt, philosophe et professeur de droit américain publie La société d'exposition, un essai sur les nouvelles formes de surveillance.

Notre autre numérique est comme un hologramme de nous même constitué par toutes les traces que nous avons laissés et qui créent un double qui est plus fiable que notre moi analogique. Nous pensons, imaginons ce que nous sommes. Notre moi numérique est composé de toutes les choses que nous lisons et regardons.                                
(Bernard Harcourt)

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La description de cette société de surveillance a quelque chose d'asphyxiant et l’on comprend la posture qui consiste à détourner le regard tant la description de la société d’exposition dont nous avons une conscience encore vague donne le sentiment d’être pris au piège. Il y a par ailleurs un sentiment d’impuissance pour les néophytes au regard de la complexité du monde numérique. 

Toute la nouvelle logique qui circule dans cette société d'exposition consiste à trouver la personne numérique la plus proche de la notre pour nous faire des propositions, pour savoir ce que nous voulons. Cette rationalité est entièrement ancrée dans les algorithmes. Ce n'est pas comme cela qu'on tentait de prédire les gens et leurs désirs auparavant.                                  
(Bernard Harcourt)

On donne nos données qui sont une mine d'or aux sociétés et au gouvernements. Nous sommes dans un système économique qui a radicalement changé. Cela représente la même chose que l'or ou le pétrole jadis. On peut les vendre, les connecter et ainsi tout savoir sur les personnes individuellement et en groupe.                                  
(Bernard Harcourt)

Harcourt revient sur la prise de risque de personnages comme Snowden et montre par le péril de ces révélation la structuration de plus en plus opaque de la société de surveillance.

Il y a un fusionnement de la société, de l'économie et de la politique. On voit les grandes sociétés comme Facebook qui sont en train de faire de la politique sur le choix des contenus, sur ce qu'on peut dire ou non, sur de la propagande économique. On voit des gouvernements qui font du commerce en participant à la création de métadonnées. En somme, on voit les frontières se briser entièrement.                                  
(Bernard Harcourt)

Le fait d’abandonner volontairement le domaine du privé et l’intimité à la société d’exposition participerait d’une « mortification de soi ». On peut parler de renoncement à la liberté et de servitude volontaire.

La rationalité sécuritaire est précisément ce qui nous piège et nous enfonce dans ce monde où nous sommes de plus en plus transparents. Bien sûr il y a des nécessités et des bénéfices sécuritaires mais ce monde de plus en plus transparent aura des dérives et c'est là qu'il faut travailler. L'information recueillie l'est pour de bonnes raisons mais aussi pour nous transformer et nous surveiller de toutes les manières.                                  
(Bernard Harcourt)

Bernard Harcourt participera à une table ronde autour des technologies du big data et la vie privée mercredi 15 janvier au Columbia Global Centers à Paris. Il est possible d'y assister gratuitement en s'inscrivant ici.

27 min

Extraits sonores:

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
François Bréus
Collaboration
Eric Lancien
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Maja Neskovic
Production déléguée
Gilles Blanchard
Réalisation
Oriane Delacroix
Collaboration
Sophie Marty
Collaboration
Mathilde Thon-Fourcade
Collaboration