Les nuits de Mashhad / Holy Spider, film d'Ali Abbasi, en sélection officielle au Festival de Cannes 2022
Les nuits de Mashhad / Holy Spider, film d'Ali Abbasi, en sélection officielle au Festival de Cannes 2022
Les nuits de Mashhad / Holy Spider, film d'Ali Abbasi, en sélection officielle au Festival de Cannes 2022
Les nuits de Mashhad / Holy Spider, film d'Ali Abbasi, en sélection officielle au Festival de Cannes 2022
Les nuits de Mashhad / Holy Spider, film d'Ali Abbasi, en sélection officielle au Festival de Cannes 2022
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Résumé

Nous recevons aujourd’hui le réalisateur irano-danois, Ali Abbasi pour son film "Les nuits de Mashhad" en compétition officielle ainsi que le réalisateur tunisien Youssef Chebbi pour son film "Ashkal", à la Quinzaine des réalisateurs.

avec :

Ali Abbasi (Scénariste, réalisateur et monteur irano-danois), Youssef Chebbi (Réalisateur tunisien).

En savoir plus

Comment le thriller peut-il nous éclairer sur un état dégradé de la société ? Après le retentissement de Titane de Julia Ducournau, Palme d'or du festival de Cannes 2021, le recours à un cinéma de genre ou au thriller est de plus en plus plébiscité. Repousser le spectateur dans ses retranchements pour questionner notre propre humanité est une proposition faite par des cinéastes afin d'analyser nos sociétés.

Dans Les Nuits de Mashhad (ou Holy Spider), le cinéaste danois Ali Abbasi d'origine iranienne élabore un thriller policier interrogeant les mœurs et la tolérance de la société iranienne. Dans la ville sainte de Mashhad, un serial killer cible de nombreuses prostituées, dans l'espoir d'épurer la ville et se débarrasser de ces femmes jugées corrompues. « Je pense que cette misogynie dans le Moyen-Orient est quelque chose qui va bien plus profondément que les gouvernements, nous explique Ali Abbasi, c'est quelque chose de profondément enraciné dans la culture ». Ainsi, une journaliste se met sur la trace du tueur afin de garder vivante la mémoire des femmes qu'il a violemment assassinées … Pour le réalisateur, « le simple fait de se souvenir est quelque chose qui permet de rendre justice ». Propos soutenus par Youssef Chebbi : « c’est essentiel [de se souvenir] parce que sinon on ne ferait que recommencer la même boucle dans laquelle on vit ».

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Youssef Chebbi place quant à lui son film Ashkal dans les Jardins de Carthage, un quartier de Tunis créé sous l'ancien régime mais laissé à l'abandon après la révolution. Suite à la découverte d'un corps calciné, deux policiers enquêtent sur ce fait divers qui tend à se reproduire. Pour ce jeune réalisateur, recourir au cinéma de genre permet de placer une certaine distance : « il y a beaucoup de choses de la société tunisienne qui m’intéresse mais il y a toujours le risque de les affronter. Le genre me permet d’avoir un recul et de prendre la Tunisie comme un paysage avec un immense potentiel cinématographique, de ne pas plonger dans la peinture brute d’un état ». Car montrer reste toujours un défi. Ali Abbasi complète cette idée en reconnaissant aimer « montrer les choses, dire explicitement les choses, les ressentir explicitement. Pour [lui], il était donc absolument nécessaire de montrer la violence » sans toutefois exploiter la violence.

Dans notre rubrique de fin d'émission « Réflexion autour des mutations et de l’avenir du cinéma », Renaud Le Van Kim,  fondateur du média « Brut » et également producteur du documentaire Salam réalisé par Mélanie Diam’s, Houda Benyamina et Anne Cissé questionne la nouvelle culture du cinéma.  Pour lui, « la salle peut rester un art majeur de consommation, d’œuvres, de spectacles et de messages si on a une grammaire commune». Si la salle de cinéma reste un lieu important pour les nouvelles générations, il faut continuer à valoriser des « sujets aux valeurs universelles ».

Merci à Pascale Fougère pour la traduction depuis l'anglais de l'intervention d'Ali Abbasi.

28 min

Extraits sonores :

  • Extrait du film Les Nuits de Mashhad d'Ali Abbasi
Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration