Une photo du Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo (2010) à l'exposition "Be Democracy" du Centre Nobel de la Paix en 2014 à Oslo (Norvège)
Une photo du Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo (2010) à l'exposition "Be Democracy" du Centre Nobel de la Paix en 2014 à Oslo (Norvège) ©Getty -  Ragnar Singsaas
Une photo du Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo (2010) à l'exposition "Be Democracy" du Centre Nobel de la Paix en 2014 à Oslo (Norvège) ©Getty - Ragnar Singsaas
Une photo du Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo (2010) à l'exposition "Be Democracy" du Centre Nobel de la Paix en 2014 à Oslo (Norvège) ©Getty - Ragnar Singsaas
Publicité

La promesse de prospérité a-t-elle tué le combat pour la démocratie en Chine ? La lutte pour la liberté est-elle morte avec le dissident Liu Xiaobo ? Le journaliste Pierre Haski nous en parle dans "Liu Xiaobo. L’homme qui a défié Pékin" (ARTE Editions / Hikari Edition, 2019).

Une émission en partenariat avec le Nouveau Magazine Littéraire.

Je préfère payer le prix élevé du danger plutôt que de devenir quelqu’un qui renie sa propre conscience.          
Liu Xiaobo

Publicité

Retour sur la vie de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010, condamné à onze ans de captivité et mort d'un cancer en 2017. Il incarne le combat pour une Chine libre et démocratique et se tenait aux côté des étudiants lors du massacre de la place Tiananmen, le 4 juin 1989.

C’est "aux âmes errantes du 4 juin", [aux morts de la place Tian'anmen], que Liu Xiaobo dédie son prix Nobel en 2010.                
Pierre Haski

L’anniversaire des trente ans de cet événement, le mardi 4 juin prochain, est l'occasion d'un documentaire et d'un livre, Liu Xiaobo. L’homme qui a défié Pékin (ARTE Editions / Hikari Edition, 2019), dans lesquels Pierre Haski, correspondant à Pékin pour Libération dans les années 2000, collecte les témoignages de ceux qui ont connu Liu Xiaobo tout au long de sa vie.

Liu Xiaobo est ainsi le représentant de cette génération née juste après l'époque de Mao, dans cette "nouvelle Chine" menée par les réformes de Deng Xiaoping, encore portée sur la censure et officieusement peu regardante quant au respect des droits de l'Homme. 

Pendant vingt ans, en Occident, on avait dans l’idée que le développement de la Chine serait bon pour sa démocratisation. On a compris avec Xi Jinping que c’était une erreur colossale.        
Pierre Haski

Une Chine dans laquelle, apprend-on, des étudiants désabusés de la place Tian'anmen ont préféré suivre Deng Xiaoping dans sa politique du "Enrichissez-vous" et où ceux qui ont été emprisonnés ne trouvent plus leur place dans la société une fois leur liberté retrouvée. Une société où l'intérêt, mais aussi la nécessité économique, semblent avoir pris le pas sur les idéaux des combattants de la démocratie - ce que Liu Xiaobo critique sous l'expression de "philosophie du porc"- et où le régime a effacé certains noms de l'Histoire officielle.

Les Chinois ont renoncé à une part de leur identité intellectuelle au profit d’un confort matériel. Le porc a besoin d’être nourri, de se vautrer dans son milieu, et de rien de plus. Une fois rassasié, il ne revendique plus rien.            
Pierre Haski

La mort de Liu Xiaobo marque symboliquement la fin de course d’une génération qui a échoué dans sa tentative de démocratiser la Chine. Ce combat renaîtra sous une autre forme, avec d’autres générations.      
Pierre Haski

Une émission avec Aurélie Marcireau, rédactrice en chef adjointe du Nouveau Magazine littéraire, qui consacre dans le prochain numéro de juin 2019 un dossier dédié au pays de Xi Jinping, au pouvoir depuis 2012.

28 min

Extraits sonores : 

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Henri Le Blanc
Collaboration
Maja Neskovic
Production déléguée
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Marie Plaçais
Réalisation
Oriane Delacroix
Collaboration
Anna Holveck
Réalisation