Emmanuel Macron  lors du second tour de l'élection présidentielle, le 07 mai 2017 au Touquet-Paris-P ©Getty - Chesnot / Contributeur
Emmanuel Macron lors du second tour de l'élection présidentielle, le 07 mai 2017 au Touquet-Paris-P ©Getty - Chesnot / Contributeur
Emmanuel Macron lors du second tour de l'élection présidentielle, le 07 mai 2017 au Touquet-Paris-P ©Getty - Chesnot / Contributeur
Publicité
Résumé

Politicien(ne), un dur métier? La politologue Chloé Morin et le journaliste Nicolas Domenach montrent notre part de responsabilité dans le "tous pourris" dont on accuse nos élus. Ils sont nos invités aujourd'hui.

avec :

Nicolas Domenach (directeur de la rédaction du "Nouveau Magazine littéraire"), Chloé Morin (Associée à la Fondation Jean-Jaurès et spécialiste de l'opinion publique, ancienne conseillère en charge de l'opinion publique au sein du cabinet du Premier ministre de 2012 à 2016.).

En savoir plus

Chloé Morin est politologue, spécialiste de l’analyse de l’opinion et de la communication publique. Elle a été conseillère du Premier ministre, successivement de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls, de 2012 à 2016. Experte associée à la Fondation Jean-Jaurès, elle a fondé son propre cabinet de conseil en stratégie d’opinion, Societing.

Après Les Inamovibles de la République (L’Aube, 2020) et Le Populisme au secours de la démocratie? (Gallimard/Le débat, 2021), elle publie On a les politiques qu'on mérite (Fayard, 09.02.22). Un livre enquête qui mêle interviews et analyses pour aller aux origines de notre détestation des politiques.

Publicité

Car l’ère du temps est à la défiance envers les politiques, des gilets jaunes aux “convois de la liberté”. De l’abstentionnisme à l’indifférence, voire à la haine. Si elle admet que les accusations de clientélisme, de corruption, d'impuissance peuvent être fondées, Chloé Morin questionne : n’a-t-on pas contribué, en tant que citoyens, à rendre la politique “détestable et impraticable”?

On peut porter un regard critique sur les politiques, dit Chloé Morin, mais il faut se poser la question de "notre responsabilité à nous, électeurs".  Nous exigeons de nos élus une exemplarité qui dépasse le cadre de leur fonction et qui pénètre jusqu'à leur vie privée. Cette tyrannie de la transparence est facilitée par les réseaux sociaux et les médias, qui demandent des réponses immédiates, souvent en décalage avec le temps de l’action. Une moralisation de la vie publique qui nous mène à l’impasse. "Le pouvoir de l'image, de l'émotion, du geste, est devenu fort dans notre jugement politique global" souligne Chloé Morin, plus que les actes.

Pour Nicolas Domenach, notre deuxième invité, cela va encore plus loin : "On attend du spectacle, et on pousse au spectacle". Avec Maurice Szafran, il a écrit l'ouvrage Macron, Pourquoi tant de haine (Albin Michel) qui analyse la haine dont l'actuel président est l'objet. Une "détestation particulière" et inédite nous dit-il. En outre, Emmanuel Macron incarne "l'image de la réussite" et l'expression d'une classe "à l'abri" ajoute Chloé Morin. Il produit en écho le sentiment général d'être méprisé, dans le cadre d'un phénomène général de "déclassement".

27 min

Extraits sonores :

  • Emmanuel Macron lors des Journées du patrimoine 2018 (15.09.2018)
     
Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration