Touristes au bord de la Seine lors de la crue le 26 janvier 2018, Paris, France.
Touristes au bord de la Seine lors de la crue le 26 janvier 2018, Paris, France. ©Getty - Robert DEYRAIL / Gamma-Rapho
Touristes au bord de la Seine lors de la crue le 26 janvier 2018, Paris, France. ©Getty - Robert DEYRAIL / Gamma-Rapho
Touristes au bord de la Seine lors de la crue le 26 janvier 2018, Paris, France. ©Getty - Robert DEYRAIL / Gamma-Rapho
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La crise sanitaire nous a rappelé que les métropoles ne sont pas un modèle irréprochable : inégalités, dépendance énergétique, vulnérabilité aux réseaux d'approvisionnement... Le politiste Tanguy Le Goff et la géographe Magali Reghezza-Zitt sont nos invités pour en parler.

Avec
  • Magali Reghezza-Zitt Géographe, spécialiste des risques naturels, de la vulnérabilité urbaine et des stratégies de gestion

Dans Fragiles métropoles : le temps des épreuves(Puf & Institut Paris Région, 2022) Ludovic Faytre et le politiste Tanguy Le Goff, notre premier invité chargé d'études à l'Institut Paris Région, ont rassemblé des urbanistes, historiens, politistes, anthropologues et géographes comme Magali Reghezza-Zitt, notre deuxième invitée, maître de conférence en géographie à l'Ecole Nationale Supérieure et membre du Haut conseil pour le climat. De la pandémie de la Covid-19, ils tirent des leçons sur nos modes de vie et d'organisation en métropole. Est-ce un modèle devenu caduc ? Les métropoles sont-elles en voie de devenir invivables ? Comment pourraient-elles être adaptées ? 

Récemment, l'épidémie de Covid-19 et les mesures qu'elle a suscité ont précipité un retour du refoulé de la ville. Magali Reghezza-Zitt explique : "Il y a des imaginaires urbains de la sécurité qui font qu’une catastrophe en ville semble impossible. […] Mais par le passé, l’épidémie, la guerre et l’inondation étaient les menaces contre les villes." Nous vivons donc dans des métropoles vulnérables car denses, dépendantes et inégalitaires, et comme le développe Tanguy Le Goff : "On refuse d’accepter les vulnérabilités de la ville. Notre premier travail pour aller vers la résilience des villes passe par cette capacité à accepter ces risques."

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Au moment du premier confinement, le départ vers la campagne de parisiens chargés de bagages et la flambée de l'immobilier en petite couronne francilienne et dans les villes proches de la capitale ont remis en question l'attractivité des larges métropoles comme Paris. Cependant, c'est un constat à nuancer. Comme le rappelle Tanguy Le Goff, "en réalité c'est un francilien sur neuf qui a quitté son domicile le temps du confinement, dont cinquante pour-cent sont restés en Île-de-France. Ça reste peu important. De même, le phénomène d'attractivité des petites et moyennes villes comme Brest n'est pas nouveau, ni lié uniquement à la période Covid." Comme le souligne bien Magali Reghezza-Zitt, "une crise ne créé rien, elle révèle et accélère des choses présentes, elle est un catalyseur, un accélérateur et révélateur de tendances plus profondes." Et cela concerne notamment les inégalités structurelles (en termes de santé, de travail et d'accès à internet par exemple) et la dépendance des métropoles sur leurs réseaux (de transport, d'énergie, d'électricité, d'eau potable, de connexion internet, etc.).  

Parmi les leçons que ces experts tirent de la gestion de la pandémie : le manque de préparation en amont et l'organisation inadaptée de nos métropoles que la "résilience" et l'aménagement urbain peuvent venir combler. 

26 min

Extraits sonores : 

  • Jean-Claude Driant, La Question du jour, par Guillaume Erner, 11.10.2021 
  • Jean-Marc Jancovici, 28 min, ARTE_,_ 29.12.2021