Des gens qui marchent sur les nuages
Des gens qui marchent sur les nuages ©Getty - Hiroshi Watanabe
Des gens qui marchent sur les nuages ©Getty - Hiroshi Watanabe
Des gens qui marchent sur les nuages ©Getty - Hiroshi Watanabe
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L'utopie, un mot "caméléon" qui ne se laisse pas enfermer et qui se teinte de nombreuses interprétations. L'historien Thomas Bouchet, auteur du livre "Utopie" (Anamosa, janvier 2021), est notre invité aujourd'hui.

Avec
  • Thomas Bouchet Professeur associé en histoire de la pensée politique à l'université de Lausanne

Thomas Bouchet est professeur associé en histoire de la pensée politique à l’université de Lausanne. Il s'intéresse en particulier à l’histoire des pensées et des pratiques politiques et sociales dans la France du XIXe siècle. Il publie Utopie (Anamosa, 2021), neuvième titre de la collection d'Anamosa, « Le mot est faible », consacrée à la (re)définition de notions historiquement denses et débattues (« Révolution », « Peuple », « Science », etc.). 

Utopie, c’est un terme double, triple, quadruple et davantage. (...) L'utopie peut être arrimée à bien des manières de voir le monde. (Thomas Bouchet)

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La stabilisation d’une expérience d’utopie représente un danger pour elle. (Thomas Bouchet)

Cinq cents ans après la parution du célèbre livre de Thomas More, Utopia__, il montre que le terme  « utopie » est vivant et fécond.  C'est “un mot caméléon”, riche de plusieurs nuances et de plusieurs couleurs, celles de celles et ceux qui s'en saisissent. L'utopie peut être désirée ou dénigrée, socialiste, écologiste, féministe, anarchiste, gilet-jauniste, comme l'écrit l'auteur. En outre, c'est “un mot qui nous parle de notre relation au monde, aux autres, à nous-mêmes” : depuis le début du XVIe siècle, l'utopie se lie aux réalités des hommes, des événements, des temps et des lieux ; elle permet de faire face à l’injustice, à la misère, aux oppressions. Ce qui n'empêche pas que, depuis cinq siècles, on lui donne une connotation péjorative. On l'associe au monde des « Bisounours », aux rêveurs qui refusent d'être dans le réel et qui imaginent l'irréalisable.

Enfin, en dépit de sa vivacité, l'utopie est riche d'une persistance, à savoir sa charge critique. Elle refuse le fatalisme du « c'est ainsi » et “débusque dans l’ordre en place ce qu’il faudrait accepter et qui pourtant fait violence". 

Lorsque l'asphyxie gagne, l’utopie permet de reprendre sa respiration. (Thomas Bouchet)

28 min

Extraits sonores:

  • Les mots du philosophe Miguel ABENSOUR au micro de Raphael Enthoven (France Culture, Les Chemins de la connaissance, 2008)
  • Michel Foucault sur l'hétérotopie (France Culture, Heure de culture française, 1966)
  • Extrait du documentaire L'Assemblée (Mariana Oteron, 2017)

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Caty Reneaux
Collaboration
Henri Le Blanc
Collaboration
Madeleine Martineu
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Félix Levacher
Réalisation
Jean Bulot
Collaboration