Des marcheuses contre le mouvement de libération des femmes, Los Angeles, USA, 1970
Des marcheuses contre le mouvement de libération des femmes, Los Angeles, USA, 1970
Des marcheuses contre le mouvement de libération des femmes, Los Angeles, USA, 1970 ©Getty - Bettmann / Contributeur
Des marcheuses contre le mouvement de libération des femmes, Los Angeles, USA, 1970 ©Getty - Bettmann / Contributeur
Des marcheuses contre le mouvement de libération des femmes, Los Angeles, USA, 1970 ©Getty - Bettmann / Contributeur
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Résumé

La révolution féministe a-t-elle déjà eu lieu? Emmanuel Todd, historien et démographe, affirme que les femmes sont émancipées et qu’elles ont, plus que les hommes, marqué l'histoire du dernier demi siècle. Il publie "Où en sont-elles?".

avec :

Emmanuel Todd (démographe, historien, politologue et essayiste).

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Emmanuel Todd est historien et anthropologue, connu notamment pour ses recherches sur la relation entre structures familiales et idéologies politiques ou sur la diffusion des modèles familiaux.

Avec Où en sont-elles? (Seuil, janvier 2022), il s’intéresse à la question de l’émancipation des femmes. Celles-ci, selon lui, sont sorties de ce qu’il nomme le “principe de patridominance”, c’est à dire qu’elles ont atteint l’émancipation, du moins en Occident. Il décrit ainsi un monde en tension entre une matridominance idéologique et une patridominance économico-bureaucratique, dans l’idée que les femmes dominent idéologiquement et les hommes économiquement.

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Pour Emmanuel Todd, on aurait affaire à une troisième vague féministe, plus antagoniste que les précédentes :  "l'apparition d’un féminisme antagoniste, de ressentiment, en apparence à la suite du mouvement MeToo américain m’a perturbé en tant que chercheur." Il souligne notamment un trouble dans l'émancipation, celui de l'"anomie" au sens de Durkheim. "Un dérèglement des attentes" qui pour ce dernier était exclusivement masculin et qui augmentait le taux de suicide. Aujourd'hui nous dit Emmanuel Todd, les femmes existent pleinement comme individus et "accèdent à "l'anomie douce", dans une société désormais dépourvue d'attentes.

Soulignant l’obscurité et les confusions derrière le concept de “genre”, notamment pour l'anthropologie, Emmanuel Todd fait le constat d’un “trouble dans l'émancipation".  En outre, le féminisme le plus récent inclut selon lui un antagonisme nouveau entre les sexes pour remplacer un rapport fondé jusqu'ici sur la collaboration homme/femme.

En outre, Emmanuel Todd n'évacue pas la notion de classe : “le débat entre facteurs de classe et facteurs de sexe est important ; (…) il faut garder la dimension "femme" et garder la dimension "position de classe"”. Pour lui, ce féminisme de troisième vague peut se situer au sein d'une sorte de "petite bourgeoise de classe moyenne, démultipliée par l'éducation supérieure".

Nous aurions ainsi affaire à une désorientation dans le présent. Pour l'expliquer, Emmanuel Todd retrace  l’histoire du statut de la femme à travers celle des systèmes familiaux, dans son lien à la religion ou à la lutte des classes. Il montre en outre que l’émancipation des femmes n’a pas eu que des conséquences positives. En fait, dit-il, son livre montre qu’il ne faut plus voir les femmes comme des victimes de l’histoire mais comme des acteurs à part entière.

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Extraits sonores :

Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Vivian Lecuivre
Réalisation
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration