La police bloque la Place Rouge avant une manifestation non autorisée prévue contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie (Moscou, 24 février 2022)
La police bloque la Place Rouge avant une manifestation non autorisée prévue contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie (Moscou, 24 février 2022)
La police bloque la Place Rouge avant une manifestation non autorisée prévue contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie (Moscou, 24 février 2022) ©AFP - Alexander Nemenov
La police bloque la Place Rouge avant une manifestation non autorisée prévue contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie (Moscou, 24 février 2022) ©AFP - Alexander Nemenov
La police bloque la Place Rouge avant une manifestation non autorisée prévue contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie (Moscou, 24 février 2022) ©AFP - Alexander Nemenov
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Résumé

Les Russes sont-ils favorables à la guerre en Ukraine ? La sociologue Anne Le Huérou, spécialiste de la Russie, décrypte avec nous les éléments qui structurent et modèlent l'opinion russe, entre censure, propagande et désinformation.

avec :

Anne Le Huérou (maître de conférences à l'Université Paris-Ouest-Nanterre, spécialiste de la Russie contemporaine).

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Connaît-on vraiment les Russes ? Peut-on parler d'une société russe face à la répression et aux sanctions chaque jour plus féroces ? Anne Le Huérou est maître de conférences en civilisation russe contemporaine à l’Université de Nanterre. Elle a notamment travaillé sur les répercussions du conflit tchétchène sur la population russe. Elle a codirigé l'ouvrage Culture militaire et patriotisme dans la Russie d'aujourd'hui (Karthala, Paris, 2008) avec Elisabeth Sieca-Kozlowski. Elle revient avec nous sur l'opinion de la population russe sur la guerre en Ukraine, et plus largement sur la politique et le gouvernement. "Il y a une tentative de bâtir un rideau de fer par les autorités russes__. Les médias étaient déjà très verrouillés depuis longtemps, mais il y avait cette possibilité d’un accès à ces médias différents, comme "Meduza", qui pouvaient émettre depuis l'étranger, ou uniquement sur Internet, comme la chaîne de télévision "Dodj" qui ont été interdites ou qui ont cessé d’émettre d’elles-mêmes dès les premiers jours de la guerre (...). Mais le rideau de fer numérique est encore contournable, avec Telegram, qui est une messagerie cryptée, mais aussi des chaînes d’informations reprises. Beaucoup de chaînes russes tiennent des canaux Telegram pour informer la population russe en reprenant des informations depuis les chaînes ukrainiennes."

L'avis de la population est très difficile à estimer, nous dit-elle, au vu de l'ampleur des répressions de la part du régime. Ce 6 mars derniers, lors de manifestations anti-guerre dans de nombreuses villes de Russie, 5000 manifestations ont été interceptées par la police. Alors qu'une loi introduite ce 4 mars punit toute "information mensongère" de 15 ans de prison, toutes manifestations et oppositions deviennent de plus en plus risquées. 

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Anne Le Huérou décrypte le rapport de la société russe au militaire et la manière dont le conflit en Tchétchénie a déterminé la vision de la guerre en Russie, et par là le pouvoir de Poutine. Elle explique que "dans les discours, les sondages, l’entreprise patriotique qu’a lancé le pouvoir russe dans les années 2000, il y a une mise en valeur de l’armée, du patriotisme militaire, avec les programmes dans les écoles, les camps de vacances militaro-patriotiques destinés aux couches les moins favorisées de la société, etc. Les derniers sondages montrent que 84% de la population russe a confiance dans son armée."

En savoir plus : Fanny Herrero : de “Dix pour cent” à “Drôle”

Extraits sonores : 

Références

L'équipe

Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration