Un manifestant brandissant une pancarte lors de la marche des fiertés (3 juillet 2021, Marseille)
Un manifestant brandissant une pancarte lors de la marche des fiertés (3 juillet 2021, Marseille)
Un manifestant brandissant une pancarte lors de la marche des fiertés (3 juillet 2021, Marseille) ©Getty - SOPA Images
Un manifestant brandissant une pancarte lors de la marche des fiertés (3 juillet 2021, Marseille) ©Getty - SOPA Images
Un manifestant brandissant une pancarte lors de la marche des fiertés (3 juillet 2021, Marseille) ©Getty - SOPA Images
Publicité
Résumé

La psychanalyse a-t-elle encore des choses à dire, cent cinquante ans après son invention par Freud ? Notre invitée, la psychanalyste et professeure des universités Laurie Laufer, en appelle à une psychanalyse plus ouverte et nourrie des mouvements féministes et LGBTQI+.

avec :

Laurie Laufer (Pyschanalyste).

En savoir plus

Dans son ouvrage Vers une psychanalyse émancipée (La Découverte), à paraître le 21 avril, Laurie Laufer effectue un état des lieux de la psychanalyse et de la manière dont elle s'est nourrie des faits de société depuis son invention par Freud. "La psychanalyse ne peut pas s’exercer en dehors de la société dans laquelle elle évolue", explique-t-elle. "Imaginer une psychanalyse hors histoire, universelle, de tout temps, est intenable." Elle constate que certains psychanalystes, qui s'érigent en experts de la "vie psychique" et en détenteurs des normes sexuelles et sociales, ont contribué à faire de la psychanalyse une science figée et dépassée. Elle nous raconte : "J’étais en cours de psycho. J’entendais mes profs donner des diagnostics, des propos assez normatifs, discriminants, stigmatisant des comportements. Je trouvais ça étrange que de tels propos soient tenus. L’idée n’était pas de faire un livre sur ce que la psychanalyse peut dire de tel phénomène, mais sur ce que tel phénomène dit sur la psychanalyse, à savoir : comment la psychanalyse peut se laisser instruire par d’autres discours."

Pourtant, dès son invention par Freud puis son renouvellement par Lacan, des psychanalystes ont eu à cœur de laisser la discipline ouverte à sa réinvention. "L'idée de la pensée de Freud et de Lacan est une pensée en mouvement, qui se nourrit de ce qui se passe à l'époque où ces théoriciens vivent. Par exemple, le texte de Freud, Malaise dans la civilisation, est imprégné de la montée du nazisme. (…) Lacan lui-même disait que les mots de Freud pouvaient devenir usés si on ne les mettait pas dans un certain contexte." Laurie Laufer appelle à une psychanalyse renouant avec ses origines subversives telles qu'elles ont été pensées par Freud puis par Lacan. La psychanalyse gagnerait à dialoguer avec les théories féministes, les études queers et les mouvements trans, qui reconfigurent les rapports de société. La psychanalyse doit redevenir une théorie et une pratique inventive, ouverte à ces mouvements subversifs pour renouer avec son émancipation. Pour Laurie Laufer, elle gagnerait à "sortir de la tutelle des dogmes et des discours figés que produit la psychanalyse elle-même, pour éviter que la psychanalyse ne devienne langue morte."

Publicité

"Je ne suis pas sûre que la psychanalyse soit bien placée pour donner des clés de compréhension de certains phénomènes. En revanche, ce qui m'intéresse, c'est la manière dont les évolutions de société transforment la psychanalyse." conclue-t-elle.

28 min

Extraits sonores :

Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration