Le Dr. Alfred Anwander (r) and Portuguese Tomas Goucha à l'Institut Max-Planck de neurologie et des sciences cognitives  ©Getty - Waltraud Grubitzsch/picture alliance
Le Dr. Alfred Anwander (r) and Portuguese Tomas Goucha à l'Institut Max-Planck de neurologie et des sciences cognitives ©Getty - Waltraud Grubitzsch/picture alliance
Le Dr. Alfred Anwander (r) and Portuguese Tomas Goucha à l'Institut Max-Planck de neurologie et des sciences cognitives ©Getty - Waltraud Grubitzsch/picture alliance
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Résumé

Réconcilier les sciences sociales et cognitives, une affaire impossible? On en parle avec Laurent Cordonier, chercheur à Paris Diderot, auteur de "La Nature du Social" (PUF, octobre 2018) et Hervé Mazurel, historien, membre du comité de rédaction de la revue semestrielle "Sensibilités" (Anamosa).

avec :

Hervé Mazurel (historien, maître de conférences à l’Université Bourgogne-France Comté), Laurent Cordonier (chercheur en sociologie et en sciences cognitives à Paris Diderot).

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C’est peut être l’un des débats les plus vifs au sein des sciences sociales : que faire des enseignements apportés ces deux dernières décennies par les sciences cognitives? 

Ces deux champs disciplinaires sont dans une situation de friction très intense  pour déterminer qui explique le mieux les phénomènes sociaux, les comportements individuels et, surtout, qui donne les clés d’une politique efficace, puisque tel est le leitmotiv de l’époque.

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Les camps s’opposent, ont leurs champions, rejouent à l’infini l’opposition entre nature et culture, inné et acquis, substrat biologique et production de sens, sans craindre de verser souvent dans la caricature. Et c’est peut-être la sociologie qui incarne le mieux dans les sciences sociales cet affrontement.

Les sciences cognitives s’intéressent aux invariants entre les différentes cultures, les époques. Les sciences sociales mettent plus l’accent sur les variations. Une fois qu’on voit ça, on peut voir la complémentarité possible des approches.  
(Laurent Cordonier)

Il y aurait ainsi une sociologie holiste dominante animée par d’horribles déterministes qui ne prendraient pas en compte les acteurs. Et à l’opposé, une affreuse sociologie individualiste qui naturaliserait les différences sociales des sujets. Un débat dont on ne sort pas.

C’est pourtant le pari que font nos invités du jour, en venant chacun d’un de ces camps, avec la conviction que « certains sentiers méritent d’être empruntés. »

A savoir, l’individualiste analytique Laurent Cordonier,un  sociologue qui travaille sur le rapprochement possible entre sociologie et sciences cognitives à l’université Paris Diderot. 

Les sciences cognitives regroupent une nébuleuse de disciplines scientifiques. Leur objectif est d’étudier la manière dont notre cerveau traite les informations de notre environnement.  
(Laurent Cordonier)

Il est l'auteur de La Nature du Social : l’apport ignoré des sciences cognitives(PUF, 2018).

Et l’holiste déterministe Hervé Mazurel, historien du corps, des sensibilités et des imaginaires, qui a longtemps travaillé sur les expériences de guerre du XIXe siècle. 

Il travaille aujourd'hui à une histoire de la vie affective à l'époque contemporaine et s'efforce de revisiter les relations de l'histoire et de la psychanalyse à partir de l'hypothèse de l'historicité de l'inconscient

Il faut sortir des carcans disciplinaires à l’intérieur des sciences humaines.  
(Hervé Mazurel)

Cofondateur de la revue Sensibilités, il a coordonné le dernier numéro intitulé « Controverses sur l’émotion : neurosciences et sciences humaines".

27 min

Extraits sonores:

  • "Where is my mind" (Pixies, Surfer Rosa, 1988)
Références

L'équipe

Raphaël Bourgois
Raphaël Bourgois
Jean-Christophe Brianchon
Production déléguée
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Milena Aellig
Réalisation
Chouchane Djergaian
Collaboration
Alexandra Longuet
Réalisation