Photo, prise le 11 octobre 2001 à Paris , de l'anthropologue Philippe Descola
Photo, prise le 11 octobre 2001 à Paris , de l'anthropologue Philippe Descola ©AFP - FREDERICK FLORIN
Photo, prise le 11 octobre 2001 à Paris , de l'anthropologue Philippe Descola ©AFP - FREDERICK FLORIN
Photo, prise le 11 octobre 2001 à Paris , de l'anthropologue Philippe Descola ©AFP - FREDERICK FLORIN
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Comment affronter le présent, ses enjeux, ses défis, et l'avenir qu'il porte en germe ? Philippe Descola, professeur au Collège de France où il occupe la chaire d'Anthropologie de la nature, était notre invité.

Avec

A l’occasion de la Soirée spéciale Nuit des Idées qui se tenait le 31 janvier 2019 à la Bibliothèque nationale de France (BNF), notre invité était l'anthropologue Philippe Descola, invité à ouvrir le bal de la Nuit des Idées au Quai d’Orsay, en discussion avec l’artiste américain Theaster Gates. 

La manière qu'on a d'habiter le monde se commande pas. Par conséquent, c’est le fruit de l’éducation qui permet de transformer ces façons d'être présent au monde. (Philippe Descola)

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"Face au présent" était le thème de cette quatrième édition de la Nuit des Idées. Aujourd'hui, comment l’auteur de Par-delà nature et culture se positionne-t-il, "face au présent" ? Quels sont selon lui ces enjeux contemporains, ces enjeux de demain qui n’attendent plus ?

Professeur au Collège de France, Médaille d’or du CNRS, il a étudié la relation des Indiens d’Amazonie équatorienne avec leur environnement, travaillé et appelé à dépasser le dualisme nature/culture, plaidé pour un monde recomposé avec les non-humains, et défendu un universalisme "relatif", c'est-à-dire un universalisme des relations. 

Coordonnée par l’Institut français, la quatrième édition de la Nuit des Idées s’ouvrait le 31 janvier 2019, partout en France et pas seulement. Plus de 150 Nuits des Idées avaient lieu partout dans le monde, où des penseurs étaient invités à donner leur vision du présent et des défis à venir, autour de cinq thèmes. Cinq enjeux de notre temps étaient ainsi mis à l'honneur : enjeux européens, défis environnementaux, égalité femmes-hommes, partages et solidarités, et pouvoirs et territoires.

On a l'impression de vivre dans un même monde, mais même avec des gens qui nous sont beaucoup plus proches, le fait qu'on puisse communiquer par des moyens de communication modernes n'implique pas que nous avons ni le même passé, ni les mêmes valeurs, ni les mêmes futurs, ni le même souhait de faire partie d'une humanité peut-être un peu abstraite. La seule chose qui nous relie, c'est l'inquiétude plus ou moins affirmée, et plus ou moins claire, de ce que va devenir le système de la terre dans le grand bouleversement de l'Anthropocène, du réchauffement climatique qui se profile. (Philippe Descola)

Je défends cette idée que donner une personnalité juridique, donner des droits à un milieu de vie, c'est aussi donner des droits aux gens qui l'occupent, mais non plus d’exploiter, de transformer ce milieu de vie, [mais] d'être dépendant de ce milieu de vie qui est la source des droits qu’ils exercent sur lui et sur le monde en général. (Philippe Descola)

Une rediffusion du 31 janvier 2019.