Cellule, centre pénitentiaire et maison d'arrêt "Les Baumettes" le 13 février 2014 à Marseille, France
Cellule, centre pénitentiaire et maison d'arrêt "Les Baumettes" le 13 février 2014 à Marseille, France
Cellule, centre pénitentiaire et maison d'arrêt "Les Baumettes" le 13 février 2014 à Marseille, France ©Getty -  Thierry NECTOUX / Colaborador
Cellule, centre pénitentiaire et maison d'arrêt "Les Baumettes" le 13 février 2014 à Marseille, France ©Getty - Thierry NECTOUX / Colaborador
Cellule, centre pénitentiaire et maison d'arrêt "Les Baumettes" le 13 février 2014 à Marseille, France ©Getty - Thierry NECTOUX / Colaborador
Publicité
Résumé

Malgré les réformes, les prisons dégradent. C'est le résultat de l'enquête de Corinne Rostaing, sociologue et professeure à l'université de Lyon 2, qui publie "Une institution dégradante, la prison" (Gallimard, 2021). Elle est notre invitée aujourd'hui.

avec :

Corinne Rostaing (maître de conférences en sociologie à l'Université de Lyon II).

En savoir plus

Corinne Rostaing est professeure des universités, enseignante de sociologie à l'université de Lyon. Spécialiste des institutions publiques et du monde carcéral en particulier, elle est l'auteure de la première thèse française sur les prisons pour femmes.

On ne ressort jamais indemne de prison : elle remet en cause notre perception, nos valeurs. (Corinne Rostaing)

Publicité

Elle publie Une institution dégradante, la prison (Gallimard, 2021), une enquête qui résulte de plusieurs années passées "en prison" et de lectures d'autres travaux sur le sujet. Il s'agit d'analyser le fonctionnement de l'institution carcérale, les interactions entre la prison et la société, les pratiques et relations des différents acteurs de ce monde qui fascine et effraie en même temps. 

La prison s'est institutionnalisée, les personnels sont devenus des professionnels.. En même temps, on est toujours surpris par des conditions dégradées, par l'indignité de la vie au quotidien pour des personnes qu'on place dans des conditions indécentes en permanence. (Corinne Rostaing)

Car la prison est un monde complexe, avec autant de réalités carcérales que d'établissements, et dont l’archétype est la maison d'arrêt. Aujourd’hui, la population de détenus est estimée à 80 mille personnes en moyenne annuelle pour 36 mille professionnels. Bien que mise à l'écart par la société, la prison fait partie intégrante de celle-ci : la réussite, ou pas, de sa mission de réinsertion  est de notre responsabilité, dans notre acceptation à intégrer des anciens détenus. 

L’institution carcérale est tout à fait le contraire de la démocratie. (... ) C’est une institution pauvre qui gère essentiellement des pauvres et des illégalismes populaires. C’est un objet embarrassant.(Corinne Rostaing)

Surtout, la peine de prison se dégrade et "dégrade" malgré de continuelles améliorations : surpopulation, souffrance, absence d'intimité... L'auteure met en avant la dimension morale de l'institution carcérale, et montre que la sortie est un "impensé" pour cette institution tournée vers le dedans, mettant les détenus à distance des "honnêtes gens" et les empêchant de ce fait de préparer leur libération.

27 min

Extraits sonores : 

  • Eric Dupont-Moretti, garde des sceaux, 8 mars 2021, autour de la proposition de loi Droit au respect de la dignité en détention, Sénat
  • Des hommes (2019), réalisé par De Jean-Robert Viallet et Alice Odiot
  • Albertine Sarrazin, "A voix haute à voix basse", France Inter, 20/10/1965 
Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Jeanne Aléos
Collaboration
Caty Reneaux
Collaboration
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Marianne Chassort
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Valentine Alloing
Collaboration
Jean Bulot
Collaboration
Félicie Faugère
Réalisation