Electeurs dans les isoloirs lors du scrutin législatif le 16 mars 1986 à Paris, France
Electeurs dans les isoloirs lors du scrutin législatif le 16 mars 1986 à Paris, France ©Getty - Raphael GAILLARDE / Contributeur
Electeurs dans les isoloirs lors du scrutin législatif le 16 mars 1986 à Paris, France ©Getty - Raphael GAILLARDE / Contributeur
Electeurs dans les isoloirs lors du scrutin législatif le 16 mars 1986 à Paris, France ©Getty - Raphael GAILLARDE / Contributeur
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Si l'abstention bat des records en France, elle n'est pas inéluctable. On en parle avec Vincent Tiberj, professeur des universités à Sciences Po Bordeaux et chercheur au Centre Émile-Durkheim, ainsi que Marie Neihouser, docteure en science politique à l'université de Montpellier.

Avec
  • Vincent Tiberj Sociologue, professeur d’université à Sciences Po Bordeaux

Le système électoral en France connaîtrait aujourd'hui des records d'abstention : des niveaux dépassant les 50% voire flirtant avec les 70% aux régionales et aux départementales de 2021, mais aussi aux municipales de 2020 et aux législatives de 2017. Avec pour conséquence négative, des inégalités de voix. C'est en effet un profil de plus en plus restreint d’électeurs qui s’exprime dans les urnes.

Or si elle est en augmentation, l'abstention n'est pas inéluctable, et les présidentielles souvent attirent des électeurs qui le reste du temps participent peu au rituel du vote. Pour trouver des solutions à l'abstention, il s'agirait donc d'abord de la comprendre.

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C'est toute la démarche du livre Extinction de Vote (Coll. "La Vie des idées", PUF, 2022), co-dirigé par Tristan Haute et Vincent Tiberj. Celui-ci est notre invité aujourd'hui. Professeur des universités, chercheur au Centre Emile Durkheim et délégué recherche de Sciences Po Bordeaux, il montre le poids du renouvellement générationnel sur le rapport au vote. Il note ainsi l'émergence d’une nouvelle culture politique dans les générations récentes, celles du post-baby-boom et des millenials. Pour ces générations, le vote n’est plus central mais une manière comme une autre de participer au jeu politique. Il précise par ailleurs que "la jeunesse passe mais le rapport intermittent au vote est, semble-t-il, déjà durablement implanté." Alors que l'abstentionnisme fut autrefois considéré comme un défaut d'intégration sociale, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Pour les millenials, nés dans les années 1980-1990, il y a une déconnexion entre la politique et le fait d'aller voter ; "leur citoyenneté passe désormais par autre chose" dit Vincent Tiberj.

Contributrice du livre, Marie Neihouser est notre deuxième invitée. Docteure en science politique (université de Montpellier) et chercheuse associée à ESPOL, elle s'intéresse au vote électronique comme moyen de ramener les populations les plus éloignées du vote aux urnes. Il faut, dit-elle, se demander si tous les pays sont ouverts de la même manière au vote électronique. En outre, "une partie de la réponse est dans le contexte national et dans le niveau de ritualisation du vote au niveau national". Ainsi, dans des pays comme la France, où le vote est selon elle encore "ritualisé", l'adoption du vote électronique pourrait poser plus de problèmes qu'ailleurs.

27 min

Extrait sonores :

  • Maxime, "Le téléphone sonne", France inter, 8 décembre 2015
  • Céline Braconnier, La Grande table, France Culture, 14 juin 2021

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Thomas Beau
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Oriane Delacroix
Collaboration
Lucas Bretonnier
Collaboration