Gérard Philipe et Jean Vilar en 1951
Gérard Philipe et Jean Vilar en 1951 ©AFP - STF
Gérard Philipe et Jean Vilar en 1951 ©AFP - STF
Gérard Philipe et Jean Vilar en 1951 ©AFP - STF
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Hommage de Jérôme Garcin à Gérard Philipe, le livre "Le Dernier Hiver du Cid" raconte le comédien dans la dernière année de sa vie. Le journaliste dévoile l'homme derrière le comédien : ses valeurs, sa simplicité et son engagement.

Avec

Jérôme Garcin fait paraître chez Gallimard  Le dernier hiver du Cid, qui coïncide avec les soixante ans de la disparition du comédien iconique Gérard Philipe, une figure d’une ampleur qu’il juge sans pareil. Retour sur les grands rôles et les engagement d'un comédien qui a incarné l'idéal et la jeunesse pour toute une génération.

La tragédie qu'est ce texte hommage réside dans l’aspect inéluctable d’un mal qui s’annonce. C’est exactement ce à quoi sont confrontés Anne, l’entourage du comédien, et Gérard Philipe dont l’ignorance de sa mort prochaine renforce la tension dramatique. Comme souvent dans la tragédie, le lecteur en sait plus que l’acteur du drame sur son sort. 

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Cet enterrement est exactement à l'image de sa vie. Il faut se rappeler ce que sa mort a déclenché dans le monde entier. C'était une certaine idée de la jeunesse française qui mourait. Il n'y avait pourtant presque pas de parisiens, quelques amis proches. Ceux qui étaient là, c'étaient les gens du village avec qui il a vécu dans cette maison de Ramatuelle. C'était un jeune homme simple.                
(Jérôme Garcin)

Nous n’avons pas d’enregistrements des spectacles joués par Gérard Philipe, ou alors très courts. Jean Vilar avait pour idée, dans la démarche du TNP, qu’on ne capte pas une pièce, que le spectacle vivant est fait pour des spectateurs vivants. Sa postérité, les restes de son œuvre, sont presque exclusivement assurés par les rééditions régulières de ses enregistrements de Pierre et le loup (Serge Prokofiev) et du texte de Saint Exupéry, Le petit prince.

C'était un homme moral. Un acteur qui avait des principes, qui avait fait des choix qui, pour un acteur d'aujourd'hui, sembleraient hallucinants. Sa démarche était évidemment politique, engagée, militante. Il avait le souci des autres. Plus le temps passe, plus je me dis que les valeurs qu'il incarnait ont trop disparu. Rappeler son souvenir, ce n'est pas seulement rappeler l'acteur, mais aussi ses valeurs.                
(Jérôme Garcin)

Cette idée selon laquelle on s'adresse d'abord à ceux qui ne savent pas ce qu'est une tragédie ou une comédie de Musset, c'est une mission qui a marqué des gens à vie et qui est totalement abandonnée aujourd'hui.                
(Jérôme Garcin)

Anne Philipe, la femme du comédien, est autant au centre du récit que Gérard Philipe. Son rôle est tragique. Elle est la première à apprendre la maladie de Gérard Philipe ainsi que son irréversibilité; elle fait immédiatement le choix de le préserver de cette vérité. En plus du combat de Gérard Philipe contre la maladie, on suit le combat d’Anne pour préserver l'illusion.

Ce livre ne se comprend pas si on ne rappelle pas que j'ai rencontré Anne Philipe à 17 ans et que j'ai eu la chance de me marier avec Anne-Marie Philipe, sa fille, et de passer du temps dans tous ces lieux où il a vécu. Je me suis autorisé à écrire ce livre tardivement après avoir fait d'autres portraits de vies brèves.                
(Jérôme Garcin)

34 min

Extraits sonores:

  • Jean Vilar à propos de Gérard Philippe - INA - 1966
  • L'enterrement de Gérard Philipe - INA 1959

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
Eric Lancien
Réalisation
Gilles Blanchard
Réalisation
Oriane Delacroix
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Henri Le Blanc
Collaboration
Maja Neskovic
Production déléguée
Sophie Marty
Collaboration
François Bréus
Collaboration