Bulle Ogier lors de la 25ème Cérémonie des Molières, en 2011
Bulle Ogier lors de la 25ème Cérémonie des Molières, en 2011
Bulle Ogier lors de la 25ème Cérémonie des Molières, en 2011 ©Getty - Franck Prevel
Bulle Ogier lors de la 25ème Cérémonie des Molières, en 2011 ©Getty - Franck Prevel
Bulle Ogier lors de la 25ème Cérémonie des Molières, en 2011 ©Getty - Franck Prevel
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Résumé

Elle a joué avec Rohmer, Rivette, Chéreau... De son nom aérien, Bulle Ogier co-signe ses mémoires avec Anne Diatkine, notre invitée. Ça donne "J’ai oublié", Prix Médicis Essais 2019.

avec :

Anne Diatkine.

En savoir plus

J’ai oublié a reçu le Prix Médicis Essais en 2019. Avec Anne Diatkine, journaliste à Libération, l’actrice Bulle Ogier y réunit ses mémoires sous la forme de fragments épars, mosaïque de la remémoration qui détourne le "Je me souviens" de Georges Perec, en en retenant le principe de l’association libre. Elle y relate les drames de sa vie, en même temps qu'elle personnifie la mémoire vive d’un certain cinéma, elle qui dit n’avoir jamais fait d’autre film grand public que Vénus Beauté (Tonie Marshall, 1999). Au théâtre, elle a collaboré maintes fois avec Claude Régy, Luc Bondy ou encore Patrice Chéreau.

On n'avait pas envie d'écrire une biographie. On partait du présent. Bulle disait : "je ne peux pas écrire ma biographie car j'ai tout oublié". C'est devenu le titre du livre. Donc, nous sommes parties du présent. Et ni elle ni moi n'avons relu le livre, on a décidé, nous aussi, d'oublier.          
(Anne Diatkine)

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Par-delà le romanesque de beaucoup d'épisodes, J’ai oublié rappelle enfin quel fut son rôle pour la Nouvelle Vague, jouant pour Jacques Rivette et Eric Rohmer après son premier rôle phare dans La Salamandre (Alain Tanner, 1971). Elle rejoint les autres icônes de cette révolution cinématographique : Anouk Aimée, Jeanne Moreau, Delphine Seyrig, Anna Karina, ou encore Bernadette Lafont. A cette dernière en particulier, elle rend hommage, racontant leur rencontre, sidérée par le bistouri qui dépassait des bottes de celle qui a tant marqué les esprits avec La Maman et la Putain (Jean Eustache, 1973).

Bulle Ogier est absolument dans le présent, pas du tout mélancolique. Il y avait une injonction contradictoire dans l'écriture de ce livre : elle m'a demandé que ce soit léger et drôle et, en même temps, elle me racontait une histoire très triste. Bulle, c'est une façon très particulière d'être au monde.          
(Anne Diatkine)

Bulle Ogier disperse les pièces d'un puzzle mémoriel qui nous révèle les origines mêmes de son prénom, né du surnom que donnait son oncle à sa mère, enceinte et fille-mère. Après un passage chez Gabrielle Chanel, elle débute une carrière dont le principe directeur est la liberté sans entraves, les aléas de la rencontre avec des réalisateurs qui formaient autant de cercles unis par l'amitié. Marguerite Duras voyait le Mékong partout, et son lien avec l'actrice reposait sur les détails du quotidien, jamais insignifiants pour l'écrivaine qui se disait géniale. Sur l'ouvrage planent enfin deux grands amours : sa fille, Pascale Ogier, égérie rohmérienne des Nuits de pleine lune, et son époux, le réalisateur Barbet Schroeder.

J'adore la manière qu'a Bulle de regarder les choses arriver et de les saisir. J'aimais l'idée de faire un livre à deux, qui soit vraiment à deux. Aucune n'était assujettie à l'autre. Nous étions vraiment ensemble. J'aimais le fait d'effacer la notion d'auteur.          
(Anne Diatkine)

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Extraits sonores :

Références

L'équipe

Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Olivia Gesbert
Production
François Bréus
Collaboration
Eric Lancien
Réalisation
Henri Le Blanc
Collaboration
Laura Dutech-Perez
Collaboration
Gilles Blanchard
Réalisation
Oriane Delacroix
Collaboration
Sophie Marty
Collaboration