N. Henry
N. Henry - S. Clarke
N. Henry - S. Clarke
N. Henry - S. Clarke
Publicité

Grandir auprès des parents spécialistes du Lebensborn, est-ce forcément grandir angoissé ? Pas spécialement, d’après Natacha Henry, auteur de Rosa Bonheur et Buffalo Bill, une amitié admirable. Tant que demeurent les souvenirs d’une école normande, et un intransigeant combat pour la justice.

Avec
  • Natacha Henry Historienne et journaliste, vient de publier : « Marie et Bronia, le Pacte des soeurs » (Albin Michel Jeunesse).

La nature était bucolique, loin de tout feu rouge ou grand immeuble. L’école, bienveillante, composée d’une classe unique. La maison, elle, était habillée des photos d’enfants victimes du régime nazi et des Lebensborn :

Pendant que je récoltais des tritons dans la mare avec mon frère, mes parents écrivaient Au nom de la race, un livre issu d’un travail colossal sur l'histoire des enfants nés dans des Lebensborn durant le régime nazi. Alors c’était un doux mélange : pendant que je cueillais des paquerettes, eux accrochaient dans le salon  des photos d’enfants victimes de la 2nde guerre mondiale, parce que c’était leur bureau… Mais moi, je trouvais que tout cela était très harmonieux, et je le trouve encore. Durant ces 9 années d’enfance, je n’ai jamais eu peur de rien.

Publicité

Que reste-t-il alors de l’enfance, lorsqu’elle est imprégnée par les travaux de recherches des parents, spécialistes du Lebensborn ? 

Je n’étais pas dans un manque intellectuel, je baignais dedans depuis que j’étais née. Au contraire, j’aurais préféré qu’ils le soient moins, et qu’ils parlent de tartes aux pommes et de fêtes d’anniversaire… Mais finalement, ça m’a rattrapée.

Natacha Henry est membre du combat contre les violences faites aux femmes à travers Gender Company. Auteur, dès 2003, du concept de "paternalisme lubrique", elle vient de publier Rosa Bonheur et Buffalo Bill, une amitié admirable (R. Laffont).

L'équipe