Olivier Assouly ©Getty - Eric Fougere
Olivier Assouly ©Getty - Eric Fougere
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Résumé

Il arrive que le repas de Noël signe une échappée aux yeux des enfants, notamment lorsqu’il propose une alternative aux repas habituels, sous l'emprise des parents. Le philosophe Olivier Assouly, auteur des Nourritures divines, Essai sur les interdits alimentaires (Actes Sud), s'en souvient.

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Olivier Assouly (enseignant à l’Institut français de la mode à Paris, ainsi qu’à l’école des Beaux-Arts d’Angers, rattaché au laboratoire ACTE de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

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Grandir dans une famille attachée à ses traditions culturelles, c’est vivre aussi, parfois, dans le respect de certaines normes culinaires. Ainsi, le philosophe Olivier Assouly a-t-il subi l’emprise de son père jusque dans la cuisine :

Le fait est que j’ai été éduqué dans un cadre religieux qui était entièrement celui de mon père, juif algérien, même je savais que ma mère était chrétienne d’origine arménienne. Mais il n’y avait aucune hybridation possible… C’était une domination autoritaire de sa part, qui laissait peu de place à la discussion.

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Les repas pris en commun laissent alors un goût amer, sans joie particulière, mis à part durant le soir de Noël, qui fait la part belle à ce code culturel occidental et français :

Conformément à la tradition française, on retrouvait tous les poncifs comme du foie gras, du saumon fumé, des œufs de lump avec une sorte de pain de seigle et la télévision allumée. Tout cela me paraissait très bon, et formait à mes yeux un tout très sympathique !

L’allégeance au père, toutefois, ne dure pas. Avec les années, vient le désir d’affranchissement et l’écriture de livres consacrés au goût et aux normes : 

Dire que j’ai voulu régler mes comptes avec lui serait schématique, mais j’ai eu besoin de comprendre et de m’expliquer. Il fallait que ses normes à lui se soumettent à un examen humain et grec éloigné de celui des hébreux. Pour moi, cela a été un levier.

Références

L'équipe

Sophie Bober
Production