Philippe Tretiack
Philippe Tretiack
Philippe Tretiack ©Getty - Raphaël Gaillarde
Philippe Tretiack ©Getty - Raphaël Gaillarde
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Résumé

Que faire d’une maman à la fois enjouée et indignée ? Le devenir soi-même, peut-être, et réussir là où elle a échoué. Retour sur une histoire de famille singulière, conjuguée à celle de l’heureuse famille Grunberg, avec le journaliste Philippe Tretiack, auteur de Arnys et moi (Plein jour).

avec :

Philippe Trétiack (Journaliste et écrivain).

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C'est en retraçant le parcours des frères Grunberg, heureux propriétaires du magasin de costumes Arnys, que l'histoire de sa propre famille s'est agrégée. Les Tretiack et les Grunberg : deux familles unies par une même appartenance, une même « généalogie de l’exil par procuration ». Deux familles qui, après avoir fui les pogroms en Ukraine, tentent de refaire leur vie à Paris. Deux mêmes réussites ? Pas exactement. Alors que la famille Grunberg choisit le quartier de Saint-Germain des Près pour faire de la boutique Arnys une sorte de "club privé pour people et politiques", la famille Tretiack vivotte à Bastille. La mère, Pauline, qui n'a pas pu faire d'études et aurait rêvé devenir antiquaire, reprend la boutique de son beau-père : 

Ce fut pour elle une cause de frustration permanente… Elle crépitait d’indignation… 

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Mais que faire de ce sentiment de frustration, lorsqu'on est enfant ?  

Je devais avoir moins de vingt ans et l’assujettissement de ma mère à cette foutue boutique me foutait le cafard. Tout cela l’humiliait et m’humiliait en retour. Et de cette violence qui l’habitait, je crois être en partie dépositaire… 

Alors que le livre exalte les marqueurs sociologiques dus au parcours des deux familles, c'est bien la figure de sa propre mère, Pauline, qui s'est imposée durant le récit : 

J'ai pensé que, peut-être, si je mettais leur histoire en miroir, cela mettrait en valeur le côté absurde de l'affaire. Et puis, cela a été pour moi une divine surprise que la figure de ma mère resurgisse. C'était très émouvant. Cela m'a dépassé, d'ailleurs.