Augusta Ada, comtesse de Lovelace (1815-1852). Portrait par Margaret Carpenter.
Augusta Ada, comtesse de Lovelace (1815-1852). Portrait par Margaret Carpenter. ©Getty - Universal History Archive
Augusta Ada, comtesse de Lovelace (1815-1852). Portrait par Margaret Carpenter. ©Getty - Universal History Archive
Augusta Ada, comtesse de Lovelace (1815-1852). Portrait par Margaret Carpenter. ©Getty - Universal History Archive
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Comment la fille du poète Lord Byron devint la première programmatrice informatique au début du XIXème siècle avant d'enrichir le Panthéon des illustres oubliées, c'est le sujet de cette "Marche des sciences" qui retrace la vie fulgurante de cette femme de science morte à seulement 36 ans.

Avec
  • Nicolas Witkowski Physicien, écrivain, éditeur
  • Marie-José Durand-Richard Maître de conférences honoraire, Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis

Elle s’appelait Augusta Ada King, comtesse de Lovelace, mathématicienne de par la volonté de sa mère qui l'encouragea à poursuivre des études dans l'Angleterre des années 1830, et douée d’une sensibilité poétique de par son père qui n’était autre que le poète Lord Byron. Née le 10 décembre 1815, Ada Lovelace était une femme de science dans l’Angleterre de la révolution industrielle, dans ce 19e siècle où les femmes perdent peu à peu leur place dans le monde savant mais il est toutefois notable qu'en Angleterre la culture scientifique se diffusait beaucoup plus facilement qu'en France à la même époque.

Ada Lovelace allie passion mathématique et imagination fertile

Douée de très grandes capacités en mathématiques, et au contact de l’imminente chercheuse et scientifique Mary Sommerville, mais aussi de Charles Babbage, avant qu'il ne s'éloigne d'elle, elle révèle toute sa puissance inventive et est la première à mettre au point un algorithme destiné à être exécuté par la fameuse machine analytique de Babbage.

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Son don pour les chiffres l'amène à avoir des fulgurances dans ses recherches d'une manière qui lui est propre. Selon le journaliste scientifique Nicolas Witkowski , "ce qui intéresse Ada Lovelace c'est le côté intuitif et imaginatif des mathématiques, ce qu'elle cherche c'est plus une métaphysique qu'une science ou une technique. C'est une façon d'être, une façon de vivre."

"Je produirai une poésie mathématique plus philosophique et de nature plus élevée que celle que nous connaissons. [...] Mon travail mathématique implique une imagination considérable, si considérable que je suis sûre que si je le poursuis je deviendrai à coup sûr poète." (correspondance d'Ada Lovelace)

Une femme aussi de son temps

A une époque où l'on disait qu'étudier les sciences et les mathématiques rendait les femmes malades, Ada Lovelace n'échappe pas à cette légende. En tant que femme de son époque, elle écrit beaucoup sur son état de santé au fur et à mesure qu'elle se plonge dans les équations mathématiques : "Je supporterais volontiers n'importe quoi s'il le faut, tout pour empêcher que mon esprit et mes actions ne pâtissent de mes problèmes de santé. Plutôt la puissance intellectuelle au prix d'un million de douleurs que le bien-être avec des talents médiocres !"

La préhistoire de l'informatique

On dit ainsi d’Ada Lovelace qu’elle a été la première programmatrice informatique de l’Histoire. Et si son histoire est venue enrichir le Panthéon des illustres oubliées, son prénom, peu commun, est aujourd’hui connu pour désigner un langage de programmation informatique lancé à la fin des années 1970 par le département américain de la défense.

Ces années 1820-1850 couvre une période très particulière où tout se mêle comme le montre très bien l'histoire d'Ada Lovelace : la révolution industrielle, la poésie, la science, la machine à vapeur... Tout cela a constitué les racines de notre modernité même si les futurs inventeurs de l'ordinateur plus d'un siècle après n'avaient sûrement jamais entendu parlé d'Ada Lovelace, surnommée la lady de l'informatique.

Retour sur le parcours de cette femme de science, sur son époque, les réflexions et la révolution mathématique alors en cours, avec Nicolas Witkowski, physicien, éditeur et journaliste, auteur de Trop belles pour le Nobel : les femmes et la science (Point-Seuil, 2007) et Marie-José Durand-Richard, maître de conférences honoraire à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis. La correspondance d'Ada Lovelace est lue par Juliette Roudet.

58 min