La territorialisation du cyberespace signerait-elle la fin de la mondialisation ?
La territorialisation du cyberespace signerait-elle la fin de la mondialisation ?
La territorialisation du cyberespace signerait-elle la fin de la mondialisation ? ©Getty -  Bill Hinton
La territorialisation du cyberespace signerait-elle la fin de la mondialisation ? ©Getty - Bill Hinton
La territorialisation du cyberespace signerait-elle la fin de la mondialisation ? ©Getty - Bill Hinton
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Résumé

Comment s’organise le cyberespace ? Un Etat peut-il vraiment envisager la mise en place d’un Internet souverain au sein de son territoire ? Et si oui, comment s’y prendre ? Comment mettre en place le mouvement de la relocalisation des données au sein d’un pays ?

avec :

Kavé Salamatian (Professeur d’informatique à l’Université de Savoie. Chercheur en métrologie des réseaux cyberstratégie.), Julien Nocetti (Chercheur au centre GEODE (Géopolitique de la datasphère, Université Paris 8), professeur à Saint-Cyr Coetquidan, directeur de la chaire Cybersécurité à Rennes School of Business).

En savoir plus

Le 1er novembre, la loi « pour l’internet souverain » est entrée en vigueur en Russie. Une loi qui prévoit, à terme, de développer un RuNet en lieu et place d’Internet, qui puisse être totalement indépendant de l’internet mondial, à l’image de ce que la Chine développe depuis le milieu des années 90, c’est-à-dire un réseau fermé à l’échelle d’une nation, avec évidemment l’idée de l’exercice d’un contrôle accru – et c’est un euphémisme – des échanges et de la circulation de l’information à l’intérieur des frontières. Est-ce la fin de l’internet mondialisé ? Le début des internets nationaux mais, me direz-vous, l’internet mondialisé ne serait-il pas, après tout, la propriété des Etats-Unis ?

Internet nationalisé : la liberté au pied du mur ? C’est le programme sous contrôle qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

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Le reportage du jour

Témoignage de François-Bernard Huygues, Directeur de recherche à l’Institut des Relations Internationale et Stratégiques. Par Céline Loozen :

LA_METHODE_SCIENTIFIQUE - Reportage Céline Loozen "Souveraineté internet en France"

7 min

Repères

  • Le cyberespace est souvent décrit comme formé de trois couches : la couche matérielle avec les ordinateurs, les serveurs, les banques de données et les infrastructures physiques qui permettent les échanges ; la couche logicielle qui sont les programmes qui font tourner les échanges à travers des protocoles et des processus techniques ; la couche sémantique qui donne du sens à l’information en permettant d’associer des chaînes de caractères, en permettant grâce à des algorithmes de créer de l’information en regroupant, en croissant ou en géolocalisant des données.
  • La principale caractéristique du cyberespace réside dans son extension mondiale, et l’émergence du réseau mondial d’Internet sans frontières remonte à 1989. Pourtant, sa territorialisation est en cours aujourd’hui - autrement dit une affirmation de la souveraineté des États sur une partie du cyberespace - et ce, sous l'influence de facteurs technologiques et politiques qui menacent de le faire éclater le long des frontières géopolitiques. Ainsi, tandis que les USA essaie d’imposer leur leadership, la Chine a érigé un Great Firewall, et certains pays comme le Pakistan ont déjà bloqué des pans entiers du web accusés d'être “blasphématoires et non islamiques". Dans la même veine, un pays comme l'Iran possède son intranet national depuis août 2016, baptisé  “Réseau national d'information”.
  • Cette approche continue de gagner du terrain puisqu’en Russie, Vladimir Poutine, sous couvert d'obtenir une souveraineté numérique, a signé le 1er mai 2019 la loi sur l'Internet “durable”. Ce texte, entré en vigueur le 1er novembre 2019, vise - selon la gouvernance - à protéger la Russie de toute menace informatique en cas de menace grave. A terme, il s’agirait de couper le RuNet (l’Internet russe) du réseau mondial.

Pour aller plus loin

[Thread] Retrouvez aussi les sources de cette émission sur le fil Twitter de La Méthode scientifique.

Les références musicales

Le titre du jour : "The Internet is for porn" issu de la comédie musicale Avenue Q

Le générique de début : "Music to watch space girls by", par Leonard Nimoy

Le générique de fin : "Says" par Nils Framh

Références

L'équipe

Nicolas Martin
Nicolas Martin
Nicolas Martin
Production
Antoine Beauchamp
Collaboration
Eve Etienne
Collaboration
Olivier Bétard
Réalisation
Natacha Triou
Collaboration
Céline Loozen
Collaboration
Alexandra Delbot
Collaboration