
Dans quelles mesures les oeuvres de SF peuvent-elle être considérées comme des expériences de pensée ? Que peut apporter la SF à la pensée politique ? Comment la SF constitue-t-elle une forme de problématisation de questions sociales, politiques, écologiques et éthiques ?
- Natacha Vas-Deyres Essayiste, enseignante et chercheuse associée au Laboratoire pluridisciplinaire de recherches sur l’imaginaire appliquées à la littérature à l’Université Bordeaux Montaigne. Présidente du Festival Hypermondes depuis 2021
- Norbert Merjagnan Auteur et scénariste de science-fiction
- Yannick Rumpala Maître de conférences en science politique à l'université de Côte d’Azur, et directeur de l’équipe de recherche sur les mutations de l’Europe et de ses sociétés (ERMES)
Il ne fait aucun doute que la plupart des best-sellers historiques de science-fiction sont des romans politiques : 1984 ou Le Meilleur des mondes, écrits respectivement avant et après la deuxième guerre mondiale, et qui nous mettent en garde face à de nouveaux visages du totalitarisme. Dès le départ, le programme de la science-fiction est politique : en construisant des utopies ou des dystopies, ces romans sont des « modes de problématisation », un regard, une interprétation du présent projetée sur un monde futur. Mais qu’en est-il aujourd’hui, en 2020, au moment où le futur est advenu, ou notre monde bascule dans cette dystopie politique et environnementale : la SF est-elle encore politique ?
Science-fiction : engagez-vous ! C’est le programme militant qui est le nôtre pour l’heure qui vient.
Et pour dérouler ce programme, les candidats du jour sont Natacha Vas Deyres, enseignante et chercheuse associée à l’Université de Bordeaux Montaigne, spécialiste de la littérature d’anticipation Yannick Rumpala, maître de conférences en sciences politiques à l’Université de Nice-Sofia-Antipolis, auteur de Hors des décombres du monde : écologie, science-fiction et éthique du futur et Norbert Merjagnan, auteur entre autres des Tours de Samarante et de Treis, Altitude Zéro et d’une nouvelle dans l’ouvrage collectif « Au bal des actifs : demain le travail » aux éditions de La Volte.
Repères
“Peu de choses révèlent aussi nettement que la SF les voeux, les espoirs, les peurs, les conflits internes et les tensions d’une époque, ou en définissent les limites avec autant d’exactitude” - Horace Leonard Gold, auteur américain de science-fiction (1914-1996)
- La science-fiction peut ainsi être prise comme un “mode de problématisation”, au sens de Michel Foucault lorsqu’il vise “la manière dont les choses font problème”.
“La SF représente une façon de ressaisir le vaste enjeu du changement social, et derrière lui celui de ses conséquences et de leur éventuelle maîtrise. Autrement dit, que ce soit sur le versant utopique ou dystopique, ce qui se construit aussi dans ces productions culturelles, c'est un rapport au changement social. La SF offre, certes plus ou moins facilement, des terrains et des procédés pour s'exprimer sur des mutations plus ou moins profondes, plus précisément sur les trajectoires que ces mutations pourraient suivre. Elle constitue une voie par laquelle le changement social se trouve réengagé dans une appréhension réflexive” - Yannick Rumpala
Le fil de l'émission
A retrouver aussi sur le comte Twitter de La Méthode scientifique
- La science-fiction, outil précieux pour imaginer les futurs de la démocratie (Usbek et Rica - 2017)
- "Ce que la science-fiction pourrait apporter à la pensée politique" par Yannick Rumpala (Cairn.info - 2010)
- Lorsque la science-fiction fait aussi dans la politique (Agence Science Presse - 2016)
- La SF, entre imaginaire et réflexion politique (Débat entre Laurent Genefort, Yves Frémion et Bruno Pochescii dans le cadre du Festival du livre et de la presse d’écologie - 2017)
- Rencontre-débat Science-fiction et politique par Alain Damasio en 2015 :
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- Avatar symbolise la situation des Palestiniens et des Irakiens (Courrier International - 2010)
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Les références musicales
Le titre du jour : "Voter, oh, voter" par Pete Ceeger
Le générique de début : "Music to watch space girls by", par Leonard Nimoy
Le générique de fin : "Says" par Nils Frahm
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