Le projet de la méga-constellation de microatellites Starlink impliquerait le lancement de 12 000 à 42 000 satellites dans l'espace.
Le projet de la méga-constellation de microatellites Starlink impliquerait le lancement de 12 000 à 42 000 satellites dans l'espace.
Le projet de la méga-constellation de microatellites Starlink impliquerait le lancement de 12 000 à 42 000 satellites dans l'espace. - SpaceX-Imagery / CC
Le projet de la méga-constellation de microatellites Starlink impliquerait le lancement de 12 000 à 42 000 satellites dans l'espace. - SpaceX-Imagery / CC
Le projet de la méga-constellation de microatellites Starlink impliquerait le lancement de 12 000 à 42 000 satellites dans l'espace. - SpaceX-Imagery / CC
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Résumé

Qu’ambitionne de faire Elon Musk avec son nouveau réseau satellitaire Starlink ? Où en est-il concrètement ? Que doit-on attendre pour l’année 2020 ? Quelles sont les craintes des professionnels de l’astronomie ? Les observations du ciel depuis le sol terrestre sont-elles amenées à disparaître ?

avec :

Fabrice Mottez (Astrophysicien au Laboratoire Univers et Théories (LUTH) de l'Observatoire de Paris-Meudon (CNRS)), Xavier Pasco (Directeur de la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste de l’espace).

En savoir plus

Il y a une semaine, Space X lançait en orbite terrestre basse une nouvelle fournée de sa constellation Starlink, portant à environ 240 le nombre de satellites déjà opérationnels sur un total qui devrait, selon toute vraisemblance, atteindre les 12 000. Or avec ces quelques centaines de modules, la colère des amoureux du ciel nocturne et des astronomes est déjà grande. De nombreuses photos circulent sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce train de petits points lumineux qui défigure déjà notre vision de l’espace avec de sérieuses inquiétudes sur l’avenir, lorsque non seulement les 12 000 satellites seront déployés, mais tous ceux que préparent la concurrence également. 

Starlink : tout ce qui brille là-haut : c’est le programme encombré qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

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Et pour évoquer l’histoire, la finalité et les enjeux technique du déploiement, non pas d’une seule constellation mais de nombreuses constellations de satellites par diverses entreprises, et pas uniquement Space X, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Fabrice Mottez, astrophysicien au CNRS, au laboratoire Univers et Théories de l’Observatoire Paris-Meudon et rédacteur en chef du magazine « L’Astronomie » et Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique, auteur du « Nouvel âge spatial » aux éditions du CNRS.

Le reportage du jour

Reportage à l'Institut de Mécanique Céleste de Calcul des Ephémérides de l’Observatoire de Paris avec Pascal Descamps, qui explique en quoi les méga-constellations de micro-satellites comme Starlink va perturber et altérer les observations astronomiques dans tous ses domaines. Par Céline Loozen :

LA_METHODE_SCIENTIFIQUE - Reportage avec Pascal Descamps sur l'impact de Starlink dans les observation astronomiques, IMCCE

6 min

Repères

Le 29 janvier 2020, SpaceX effectuait son 4e lancement consacré à son réseau Starlink. Sur les 12.000 microsatellites prévus au total (voire 42.000 d’ici à 2030), ce sont désormais un peu moins de 240 unités qui ont été placés en orbite basse (LEO pour Low Earth Orbits). A terme, 72 plans orbitaux seront occupés par cette méga-constellation, aux alentours de 550 km d’altitude. L'objectif est de couvrir près de 100% de la surface terrestre afin d'offrir un accès au très haut débit jusque dans les endroits les plus reculés du globe, sans passer par un réseau filaire classique. Visibles à l’oeil nu, les minisatellites de Starlink devraient être mis en service - uniquement aux États-Unis et au Canada - dès cette année, mais après au moins encore 2 autres lancements de 60 unités. 

D’autres projets du type Starlink pour la démocratisation d’Internet partout dans le monde sont également en cours. Les principaux acteurs des projets de constellations en orbite basse sont OneWeb (le concurrent direct de Starlink), mais aussi Amazon avec son projet Kuiper, Facebook (Athena) ou encore Telesat et LeoSat Enterprises (Canada). NB : on peut également citer Google et sa concurrence avec ses ballons Loon stratosphériques.

Au-delà de l’augmentation du trafic spatial ainsi que du nombre de débris spatiaux que pourraient engendrer ces dizaines de milliers de satellites supplémentaires envoyés sur des orbites déjà bien trop encombrées, l’augmentation de la pollution lumineuse inquiète grandement les professionnels de l’astronomie qui voient leurs observations du ciel d’ores et déjà perturbées depuis le sol terrestre avec les 240 premiers satellites lancés pour Starlink.

Pour aller plus loin

[Thread] Retrouvez aussi les sources de cette émission sur le fil Twitter de La Méthode scientifique.

En savoir plus : Trafic spatial : des bouchons dans le ciel

En savoir plus : Pollution lumineuse : un jour sans fin

En savoir plus : L'espace : une décharge à ciel ouvert ?

Les références musicales

Le titre du jour :

Le générique de début : Music to watch space girls by par Leonard Nimoy

Le générique de fin : Says par Nils Frahm

Références

L'équipe

Nicolas Martin
Nicolas Martin
Nicolas Martin
Production
Antoine Beauchamp
Collaboration
Eve Etienne
Collaboration
Olivier Bétard
Réalisation
Natacha Triou
Collaboration
Céline Loozen
Collaboration