l'équipe de "Bacurau" au festival de Cannes en 2019
l'équipe de "Bacurau" au festival de Cannes en 2019
l'équipe de "Bacurau" au festival de Cannes en 2019 ©Getty - Daniele Venturelli
l'équipe de "Bacurau" au festival de Cannes en 2019 ©Getty - Daniele Venturelli
l'équipe de "Bacurau" au festival de Cannes en 2019 ©Getty - Daniele Venturelli
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Résumé

Le film brésilien "Bacurau" plante son intrigue d'anticipation dans un village de la région du Nordeste brésilien. Une guerre pour l'eau règne à l'arrière-plan, et le village disparait mystérieusement des cartes numériques.

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Aujourd'hui dans la Pièce Jointe, une fiction d'anticipation qui ne montre pas de spectaculaire catastrophe, ni d'hollywoodiens ou de netflixiens bouleversements.
 

Il s'agit du film Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles. Les deux réalisateurs du Nordeste brésilien choisissent de planter leur intrigue dans la petite communauté constituée par les habitants du village de « Bacurau ». Les premières images du film portent une indication d'espace et de temps, je cite : "Dans l'ouest du Pernambouc d'ici quelques années"
 

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Bacurau nous propose donc une légère anticipation et nous transporte dans une zone rurale du Brésil. Un cadre à rebours des fictions collapsologiques actuelles, le plus souvent  localisée dans la grande ville de l'hémisphère Nord. Car si le changement climatique est un phénomène mondial, les rênes du récit de la chose sont massivement tenues par les habitants de la zone tempérée.
 

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On entend le professeur chercher avec ses élèves le village de Bacurau sur l’ordinateur de l’école. Il zoome sur une carte numérique qui fait penser à Google Earth. Seulement, problème : il ne le trouve pas. Bacurau a disparu, alors que Bacurau a toujours été là. Le maître d’école est obligé d’utiliser une vieille carte dessinée.
 

C’est une idée de fiction, une idée de thriller et une idée politique à la fois simple et géniale : Bacurau a été littéralement rayé de la carte numérique. Et cela ne présage rien de bon pour le village et ses habitants. L’angoisse et l’inquiétude du spectateur peuvent commencer à monter. 

Un état, une compagnie, un ordre mystérieux, on ne sait pas très bien, les autorités disons, ont décidé de rayer de la carte une localité devenue quantité négligeable. Bacurau disparait numériquement avant d’être menacée dans son existence physique. Sans divulgacher le film, le numérique précède et annonce le réel. Dans une fiction où la technologie n’est présente qu’à la marge, les deux réalisateurs en soulignent néanmoins l’importance capitale.
 

Toute l'intrigue de Bacurau tourne autour d'un problème lié à l'eau. Le film met en scène un accaparement de la ressource aquatique par le pouvoir politique et des forces paramilitaires. On perçoit, ou plutôt on devine, qu'une forme de chaos est en cours dans le monde, que des violences nouvelles ont lieu. Mais elles restent discrètes à l'arrière-plan. La commune de Bacurau, en plus d’être privée de ressources, est menacée.
 

Les phénomènes inexpliqués commencent à apparaitre dans le village : des dizaines de chevaux en liberté traversent les rues au galop. Et on commence à compter des morts parmi les habitants. L'intrigue de Bacurau tourne alors au récit de siège, au thriller à la Carpenter. Une sécession a lieu, où l'on ne sait pas exactement qui se sépare de qui. Bacurau se donne comme une fable sur les inégalités de ressources climatiques explosives qui guettent le monde. Non pas un film de fin du monde, mais un film sur les rapports de force, présents et à venir.