Une école Montessori près de Naples dans les années 30 ©Getty - Touring Club Italiano/Marka
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Résumé

Dans les folles années 20, un bouillonnement et une révolution pédagogiques sont à l’œuvre dans toute l'Europe, portés par les acteurs de l'éducation nouvelle. Cette histoire est racontée par le film de Joanna Grudzinska : "Révolution école 1918-1939"

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De la fin des années 10 à celle des années 30, des pédagogies alternatives pullulent dans toute l'Europe. A côté de ceux de Maria Montessori en Italie, de nouveaux principes pédagogiques émergent en ordre dispersé : la méthode globale d'Ovide Decroly en Belgique, l'école de Summerhill de l'écossais Alexander Neill, l'école d'Odenwald de Paul Geheeb en Allemagne, et la pédagogie de Célestin Freinet.
 

Toutes ces initiatives sont racontées dans un documentaire de Joanna Grudzinska : Révolution école 1918-1939 (produit par les Films du Poisson). Entre les deux guerres mondiales, le film raconte ce mouvement collectif pour une avant-garde pédagogique. Il est lié à un contexte historique : le traumatisme de la première guerre mondiale qui a laissé le souvenir d'une obéissance absolue, et le spectacle du sacrifice dans la boucherie collective.
 

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Révolution école trace donc l'itinéraire de ces pédagogues venus de différentes disciplines (des médecins, des scientifiques, des religieux, des professeurs). Tous pensent des nouvelles formes d'éducation, en dehors des cadres rigoureux et disciplinaires des institutions scolaires du début du 20ème siècle. Tous explorent le continent noir de l'enfance.
 

Ces différentes approches seront réunies par un pédagogue suisse : Adolphe Ferrière, sous la bannière générale et l'appellation d'"éducation nouvelle". Un premier congrès rassemble tous les praticiens en 1921. Les participants venus des quatre coins du monde se rencontrent, se commentent, discutent et comparent leurs théories et leurs pratiques. La Ligue internationale pour l’éducation nouvelle est née.

Il est ici absolument frappant de remarquer les origines idéologiques très diverses de ceux qui constituent la ligue : on y trouve aussi bien des quakers que des féministes, des théosophes, des libéraux classiques, des chrétiens et des communistes. Leurs méthodes sont tout aussi variées. Des travaux sur les objets et les supports des enfants, la gymnastique rythmique et plus largement l'importance accordée au corps, l'absence de punitions, ou encore ce comble de la bizarrerie : l'introduction de la mixité garçons-filles.
 

A côté des révolutions artistiques et sociales, tout un bouillonnement pédagogique, contemporain des années folles, a eu lieu en Europe. Un mouvement qui émerge de partout, qui pense l'éducation dans tous les sens, et rendrait presque pâles les élans libertaires des années 60 et 70.
 

La forme du film documentaire de Joanna Grudzinska est singulière puisque son récit est constitué intégralement d'images d'archives. Car il faut ici rappeler que ces pédagogies innovantes ont été contemporaines de l'émergence du cinéma. C’est impressionnant et émouvant de voir qu'il existe autant d'images filmés de ces centres pédagogiques nouveaux : image d'enfants en plein air, en classe, et en mouvement. Ainsi le belge Ovide Decroly s'est servi des images pour suivre l'évolution et les progrès d’une jeune élève, Nanette. Et Célestin Freinet a aussi utilisé la caméra en proposant à ses élèves de filmer et se filmer.
 

Dans les années 30, les acteurs de l’école nouvelle sont tous percutés de plein fouet par l'histoire politique de l'Europe. Car les totalitarismes ont d’autres vues sur l’enfance, comme terrain d'expérimentations politiques et sociales. Le fascisme récupère l’école Montessori, et le parti nazi menace puis interdit l’école de Paul Geheeb. Le documentaire de Joanna Grudzinska se termine donc dans le noir, tout en rappelant ce que l’école publique post deuxième guerre mondiale doit aux avant-gardes pédagogiques des années 20.

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