Françoise Sagan chez elle en 1994
Françoise Sagan chez elle en 1994 ©Getty - Sophie Bassouls
Françoise Sagan chez elle en 1994 ©Getty - Sophie Bassouls
Françoise Sagan chez elle en 1994 ©Getty - Sophie Bassouls
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Presque deux décennies après la mort de son autrice, l’œuvre de Françoise Sagan semble assez peu prisée par la recherche universitaire officiel... Déambulation sur le web à la recherche des thèses qui l'évoquent.

Les œuvres littéraires vivent, après la mort de leurs auteurs, des vies autonomes, parfois brèves ou chaotiques, parfois splendides ou discrètes. Cette vie d'après la mort dépend de plusieurs instances qui légitiment ou condamnent les livres, et contribuent largement à assurer leur postérité, ou leur oubli. Parmi les faiseurs d’éternité, on peut citer : la publication régulière et fréquente qui assure l'accès au œuvres, l'achat et la lecture par des masses plus ou moins nombreuses, et les travaux universitaires.
 

Les œuvres de Françoise Sagan sont-elles étudiées à l'université ? Les phrases, les thématiques, et les visions du monde qu'elles déploient, font-elles l'objet de commentaires, qu’ils soient érudits, sagaces, stylistiques, linguistiques ou poétiques, ennuyeux ou intéressants ? Déambulation sur le web.
 

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Un outil plutôt fiable peut nous aider à répondre à cette question. Il s'agit du moteur de recherche theses.fr propulsé en ligne sous l'égide de l'ABES, à savoir L'Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur. Le site répertorie un grand nombre de thèses passées et en cours, sur tous les sujets, et dans toutes les disciplines.
 

J'ai donc tapé "Françoise Sagan" (avec des guillemets) dans la barre de recherche theses.fr et... quinze résultats sont apparus, ce qui n'est pas, il faut le reconnaitre d'emblée, un nombre important. "Marguerite Duras" ou "Jean Giono" recueillent par exemple et respectivement 603 et 396 résultats. Au milieu de la constellation vaguement concurrentielle des œuvres les plus commentées du long vingtième siècle, les écrits de Sagan ne figurent pas en bonne position. Mais attention à ne surtout pas transformer theses.fr en l'instrument d'un cauchemar uberisé : un outil de notation des écrivains morts.
 

Parmi les quinze résultats que thèses.fr recense autour de Sagan, on trouve une étude généraliste qui a été soutenue en 2014 par Céline Hromadova, sous le titre "Les romans de Françoise Sagan : sincérité et faux-semblants". Elle a été publiée en 2017 sous le titre « Françoise Sagan à contre-courant ».
 

On trouve aussi une thèse de grammaire française initiée en 2011 sur les mystérieux "leitmotivs verbaux" dans l’œuvre de Sagan. Le reste ne concerne que des occurrences du nom « Sagan » dans des thèses sur d'autres sujets. Ainsi malgré la renommée toujours vive de son autrice, l’œuvre de la romancière demeure donc relativement discrète dans les labyrinthes de la recherche littéraire officielle... peu de colloques ou d’articles de revues lui sont consacrées, et la future Société des Amis de Françoise Sagan reste à construire... Au travail, donc. 

En poursuivant mes recherches en ligne sur les rares recherches saganiennes, je suis tombé sur une thèse soutenue outre-Atlantique à l'université du Québec à Trois rivières en 1974. Elle est intégralement disponible en ligne, et porte sur le théâtre peu connu de Françoise Sagan. On y trouve en exergue un extrait du texte Les bleus à l'âme, publié en 1972. Sagan y écrit :
 

"La raison d'être, absurde, naïve de tout texte, que ce soit un roman ou un essai ou même une thèse, c'est toujours cette main tendue, ce désir effréné de prouver   bêtement qu'il y a quelque chose  à prouver. C'est cette façon comique de vouloir démontrer qu'il y a des forces, des courants de force, des courants de faiblesse, mais que dans la mesure où tout cela est formulable, c'est donc relativement inoffensif."

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