Smokey Robinson et The Miracles en 1960
Smokey Robinson et The Miracles en 1960 ©Getty - Michael Ochs Archives
Smokey Robinson et The Miracles en 1960 ©Getty - Michael Ochs Archives
Smokey Robinson et The Miracles en 1960 ©Getty - Michael Ochs Archives
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En 1967, le chanteur de soul Smokey Robinson fait paraitre un single "The Tears of a Clown" qui, pour raconter le dépit amoureux utilise l'image des sanglots du clown. Il deviendra un tube au début des années 1970.

Aujourd'hui dans la Pièce Jointe, un tube soul, produit par les studios de la Tamla à Détroit. Un single qui parait en 1967, sur le disque Make it happen du chanteur Smokey Robinson et de son groupe The Miracles.
 

A la production, on trouve une coalition de prestige, puisque Stevie Wonder et Hank Cosby en ont composé la musique, et c’est Smokey Robinson lui-même, qui deviendra plus tard le vice-président de la Motown, qui en écrit les paroles.
 

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Mais pourquoi parler de ce titre soul dans une émission sur les clowns ?
 

Hé bien tout simplement parce qu’il porte un titre prometteur : « The Tears of a clown », en français : « les larmes d’un clown ». On écoute Smokey Robinson & the Miracles.
 

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La chanson a rencontré un succès colossal, et s’est hissée, comme on dit, tout en haut du classement des hits souls de l’année 1970.
 

La légende, et Smokey Robinson lui-même, racontent que la musique écrite par Stevie Wonder et Hank Cosby lui aurait fait immédiatement penser à l'univers du cirque. Peut-être est-ce à cause des petits sons de flutes que l’on entend au tout début de la piste. 

Pour l’écriture des paroles de « Tears of a clown », Robinson s’est directement inspiré d'un opéra italien en deux actes de la fin du 19ème siècle : Pagliacci du compositeur Ruggero Leoncavallo, chef de file d'un étonnant mouvement artistique : le vérisme. L'opéra conte une histoire calabraise dans laquelle le héros, Canio, acteur de commedia dell'arte, tue sa femme et son amant, confondant la pièce dans laquelle ils jouent tous les deux avec une situation réelle. Où quand la comédie vire au drame, et les clowns aux bourreaux. 

Canio est depuis devenu une figure du clown qui pleure soit, dans la conscience populaire et dans celle de la chanson, une contradiction béante dans les termes. Des larmes peuvent couler sur les maquillages de cirque, et il semble évident a posteriori que la soul devait s'emparer de cette image renversante, et de ce comble de la tristesse, pour chanter le dépit amoureux.
 

Ainsi Smokey Robinson chante les sanglots du clown, il cite Pagliacci dans son troisième couplet : « Tout comme Pagliacci (le grand simulateur)   J’essaye de cacher ma tristesse »
 

Et dans le refrain il chante :
 

« Les larmes d'un clown / Quand il n’y a personne autour. »
 

Car quand les clowns pleurent, ils se cachent pour le faire. Les larmes des clowns représenteraient donc une forme de spectacle impossible, car invisible aux yeux du public. Un anti-cirque ou un anti-théâtre, un spectacle qui n’existe que pour le clown lui-même, acteur et spectateur seul de sa propre tristesse.