Monsoreau et Bussy d'Amboise
Monsoreau et Bussy d'Amboise
Monsoreau et Bussy d'Amboise - Composition de Maurice Leloir et gravure sur bois de Jules Huyot
Monsoreau et Bussy d'Amboise - Composition de Maurice Leloir et gravure sur bois de Jules Huyot
Monsoreau et Bussy d'Amboise - Composition de Maurice Leloir et gravure sur bois de Jules Huyot
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Résumé

Antoine Blondin a publié un très grand nombre de chroniques littéraires sur ses contemporains, mais aussi sur des œuvres du passé, parmi elles, celle d'Alexandre Dumas, et parmi elle, sa grande trilogie de la Renaissance.

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En 1977, Antoine Blondin publie un recueil de textes sous le titre Certificats d'études dans lequel il disserte sur des auteurs classiques, comme Baudelaire ou Balzac.
 

J'ai été surpris d'y découvrir, une lecture précise de la trilogie de la Renaissance d'Alexandre Dumas, composée de trois romans écrit entre 1844 et 1846 : La Reine Margot, La Dame de Monsoreau, et L_es Quarante Cinq_. Plusieurs milliers de pages qui décrivent la guerre civile de France et autres péripéties aventureuses, sous les règnes de Charles IX et Henri III. Blondin décrit plaisamment cette triade romanesque comme un meuble, comme, je le cite : "un bahut renaissance". Alors, il se trouve que j'ai lu cette trilogie, et j'ai été désarçonné, en lisant les textes du hussard, car je suis tombé d'accord avec à peu près tout ce qu'il décrit des trois romans.
 

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Tout commence par La Reine Margot, restée célèbre notamment par l'adaptation de Patrice Chéreau. Le roman s'ouvre sur un récit poignant du massacre de la saint Barthélémy en 1572, que Blondin décrit comme un match de boxe. Et ce ne sera pas sa seule comparaison sportive. Si les personnages de jeunes premiers, La Mole et Coconas, s'annoncent prometteurs, l'intrigue du roman s'étiole dans des intrigues de couloirs du Louvre, et des querelles meurtrières entre cousins pour le trône. Blondin déplore l'absence d'un méchant ou d'un personnage d'état (car c'est la même chose) qui soit d'envergure. Le je cite "machiavélisme d'alcôve" de la régente Catherine de Médicis n'est pas à la hauteur.
 

En revanche, le second roman de la trilogie déclenche chez Blondin une tempête d'enthousiasme, et à raison. Car le bahut renaissance cache en son tiroir central un bijou : La Dame de Monsoreau. Un roman génial qui campe un héros brave et complètement fêlé : Bussy d'Amboise aussi célèbre en son temps que le général Massu et Johnny Halliday (ici, je cite Blondin). L’œuvre donne à voir la sévère guerre de succession pour le trône de France entre les maisons de Lorraine le duc d'Anjou. Avec une scène de cathédrale qui hausserait presque le roman au rang des cycles historiques de Shakespeare. Dumas nous offre un final en bain de sang n'a rien à envier à la fin de certains films de Tarantino, et réinvestit le personnage historique de Chicot, le bouffon du roi qui hésite entre Rabelais, et un grand homme. Blondin conclut par une métaphore gastronomique filée, je le cite : 

La Dame de Monsoreau marque une excellente année et on peut lire ce livre sans le décanter à la chandelle. Trois étoiles.

Enfin, un bizarre roman vient conclure ce gros meuble du 16ème siècle : Les Quarante Cinq. Il raconte la fin de règne d'Henri III, notamment l'urgence de sa protection par 45 têtes brûlées venues de Gascogne, et la montée en puissance du béarnais futur Henri IV. Blondin glose sur le rôle pivot des entrées dans Paris dans la vie de Dumas, et dans ses œuvres, notamment celle de d'Artagnan. Il ironise enfin sur l'absence de suite donnée à la trilogie, certaines intrigues et certains personnages sont en effet laissés en plan, et dans l'encrier. Je laisse le dernier mot à Antoine Blondin : 

Nous sommes au cinéma devant un écran géant quand l'opérateur tarde à recharger la dernière bobine.

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