Les pays signataires émettent la moitié du méthane à l'échelle de la planète, sans la Chine, la Russie et l’Inde, qui n'en font pas partie.
Les pays signataires émettent la moitié du méthane à l'échelle de la planète, sans la Chine, la Russie et l’Inde, qui n'en font pas partie. ©Getty - Carl Young / EyeEm
Les pays signataires émettent la moitié du méthane à l'échelle de la planète, sans la Chine, la Russie et l’Inde, qui n'en font pas partie. ©Getty - Carl Young / EyeEm
Les pays signataires émettent la moitié du méthane à l'échelle de la planète, sans la Chine, la Russie et l’Inde, qui n'en font pas partie. ©Getty - Carl Young / EyeEm
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Il est responsable d’un quart du réchauffement climatique. Le méthane est au centre des discussions de la COP26 cette semaine, avec l’engagement pour 105 Etats de réduire leurs émissions de 30% d’ici 2030.

Agriculture, combustibles fossiles et décharges sont désormais sommés de s’adapter. Mais sans engagement et sans outils de mesures assez précis, l’accord sur la réduction des émissions de méthane marque-t-il un tournant ?

Avec Marielle Saunois, enseignante-chercheuse au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement et coordinatrice de l’inventaire mondial du méthane

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Le méthane, deuxième des gaz à effet de serre

Il faut commencer par rappeler ce qu'est le méthane : un gaz, et en particulier, le deuxième gaz à effet de serre après le dioxyde de carbone.

Il a contribué à environ un tiers du réchauffement climatique. Il est émis par différentes sources, naturelles ou non. Il a été produit de différentes manières. Il y a d'abord du gaz d'origine fossile, produit dans les couches géologiques de la Terre, qui peut s'échapper naturellement par des failles ou bien lors d'extractions. Le méthane est aussi produit par des micro-organismes dans des conditions spécifiques. 

Un effet de réchauffement important

On dit que c'est le deuxième gaz à effet de serre, mais que son effet de réchauffement est plus important que celui du CO2.

En fait, on détermine une grandeur, qu'on appelle le "pouvoir de réchauffement global", qu'on utilise sur un horizon de cent ans. L'idée, c'est de considérer un kilogramme de méthane sur un tel horizon, et on voit alors qu'il a le même pouvoir de réchauffement sur cette durée que trente kilogrammes de CO2.

Les engagements de réduction

L'engagement pris à la COP26 est le premier pris à l'échelle mondiale sur les émissions de méthane. Comment expliquer que ce sujet soit arrivé si tard dans les négociations mondiales ?

Jusqu'à présent, les accords regroupaient tous les gaz ensemble, et là il y a un accord spécifique sur le méthane, ce qui est nouveau. C'est un engagement de réduire d'au moins 30% les émissions de méthane, ce qui veut dire qu'on peut faire plus.

Comment on fait, concrètement, pour réduire les émissions de méthane ?

Des solutions existent déjà et ont été mises en œuvre. En Europe, on a réussi à réduire les émissions reliées aux déchets solides.

L'objectif de réduction de 30% jusqu'en 2030 paraît-il faisable ?

Oui, mais il faut mettre en place les solutions de façon assez rapide, de façon appropriée pour chaque pays. En France, dans les secteurs émetteurs, c'est surtout l'agriculture et les déchets, plus que l'extraction d'énergie fossile puisque nous n'en extrayons pas.

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