Illustration de la foule utilisant des masques médicaux.
Illustration de la foule utilisant des masques médicaux.
Illustration de la foule utilisant des masques médicaux. ©Getty - RLT_Images / Collection : DigitalVision Vectors
Illustration de la foule utilisant des masques médicaux. ©Getty - RLT_Images / Collection : DigitalVision Vectors
Illustration de la foule utilisant des masques médicaux. ©Getty - RLT_Images / Collection : DigitalVision Vectors
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Résumé

Deux ans de pandémie, cinq vagues et des variants qui se succèdent… la vie sous covid paraît sans fin. Début 2022, la vague Omicron entraîne des records de contaminations en France. Fait-elle renaître l'espoir d'une immunité collective ? Laisse-t-elle espérer un début de fin de covid ?

avec :

Bruno Canard (directeur de recherches au CNRS à Marseille).

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Deux ans de pandémie, cinq vagues et des variants qui se succèdent… la vie sous covid paraît sans fin. Le 23 janvier 2022, le directeur de l’OMS Europe dessinait une lueur d’espoir. Tout en appelant à la plus grande prudence, il a prononcé cette phrase : « Il est plausible que la région se rapproche d'une fin de la pandémie », ajoutant qu’une fois la vague Omicron calmée, il y aurait « peut-être le retour du Covid-19 vers la fin de l'année, mais pas nécessairement le retour de la pandémie ». Avec Omicron, peut-on espérer une voie de sortie ou faut-il au contraire craindre un variant plus transmissible et dangereux ?

Guillaume Erner reçoit Bruno Canard, virologue à l’université Aix-Marseille et directeur de recherche CNRS.

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Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Des sous-variants d’Omicron peu virulents

Plus de 500 000 contaminations pour la journée du mardi 25 janvier 2022 en France, 428 000 pour la journée du mercredi 26 janvier 2022, il faudra bientôt compter les gens qui n’ont pas eu le variant Omicron.

Ce n’est pas du tout le même virus que ceux de début 2020 jusqu’au variant Delta. Alors même que la transmissibilité est beaucoup plus élevée, on voit qu’il y a une dangerosité qui semble avoir baissé. Le virus semble avoir évolué des poumons vers le nez et la gorge et vers des pathologies moins dangereuses.

Le variant Omicron est moins virulent, mais est-ce que sur le plan immunitaire il pourrait nous protéger d’autres variants comme le Delta et surtout des variants du futur ?

Il y a aura une immunité croisée certaine. Cette immunité ne sera pas complète puisqu’il s’agit d’une immunité qui sera donnée par nos cellules et non par nos anticorps circulants puisque on voit bien que Omicron infecte des gens qui ont déjà été vaccinés et infectés donc qu'il se joue de ces anticorps.

Alors que des dépêches nous apprennent l’apparition de sous-variants d’Omicron, peut-on penser que ces sous-variants éventuels seraient toujours assez peu virulents ?

Les lois de l’évolution nous disent qu’il est peu probable que les sous-variants d’Omicron évoluent vers des formes plus profondes et moins transmissibles. Par contre, il reste une grande inconnue : que vont devenir les autres variants ? Est-ce qu’ils vont disparaitre ? Infecter des gens qui ont déjà eu Omicron ou le contraire ? L’épidémie nécessite une surveillance très serrée du point de vue du diagnostic pour savoir à tout moment quand une vague épidémique reprend, de quel variant on parle.

Vers une autre forme d’immunité collective

Qu’entend-on par l’immunité collective ?

L’immunité collective contre la famille des SARS-2 ne sera pas atteinte dans la mesure où les différents variants ont démontré qu’il n’était pas possible que le virus, à partir d’un certain moment, ne rencontre plus que des murs immunitaires qui le repousseraient.

Par contre si on parle d’une nouvelle forme d’immunité collective qui va supprimer, ou au moins diminuer les formes graves, là oui c’est possible. On va atteindre une autre forme d’immunité qui nous préservera des infections graves. La date à laquelle elle arrivera et sa durée restent à déterminer.

Le scénario le plus plausible est qu’on va avoir à nouveau des épidémies de Covid mais que ça sera un peu comme un petit rhume saisonnier ?

C’est un scénario possible mais il reste une grande inconnue car la distribution du virus sur la planète a été très asymétrique : des pays ont fait leur programme de vaccination et de lutte en laissant complètement d’autres pays à l’abandon. Il reste des poches de virus Delta ou d’autres variants qui ne sont pas inoffensifs et qui risquent de revenir avec une certaine périodicité que nous ne connaissons pas.

La période de répit relatif qui va arriver devrait être employée dans la perspective  d’une entraide plus globale.

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Élodie Piel
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation