Mardi 7 juin 2022, neuf syndicats (dont CGT, SUD et CFE-CGC) et collectifs (dont Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences) appellent à la grève pour l'hôpital. ©Getty - BSIP / Collection : Universal Images Group / Date de création : 14 juin 2019
Mardi 7 juin 2022, neuf syndicats (dont CGT, SUD et CFE-CGC) et collectifs (dont Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences) appellent à la grève pour l'hôpital. ©Getty - BSIP / Collection : Universal Images Group / Date de création : 14 juin 2019
Mardi 7 juin 2022, neuf syndicats (dont CGT, SUD et CFE-CGC) et collectifs (dont Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences) appellent à la grève pour l'hôpital. ©Getty - BSIP / Collection : Universal Images Group / Date de création : 14 juin 2019
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Résumé

Face à la crise de l'hôpital et des services d'urgences en particulier, avant la période estivale, neuf syndicats et collectifs appellent à la mobilisation et la grève mardi 7 juin 2022. Emmanuel Macron a annoncé le 31 mai 2022 une « mission flash ». Peut-on encore éviter la crise annoncée cet été ?

avec :

Frédéric Pierru (chercheur en sciences sociales et politiques au CNRS et à l’EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique) à Rennes).

En savoir plus

Nouvelle journée de grève à l’hôpital mardi 7 juin 2022. Faute de personnel à tous les étages, 120 services d’urgence se voient contraints de fermer, limiter leur activité en juillet-août ou s’y préparent. Cela concerne presque 20% des urgences en France ; dont 14 des 32 plus gros hôpitaux. Aucune région n’est épargnée. Des maternités vont aussi fermer sur la période estivale. Emmanuel Macron a annoncé le 31 mai une « mission flash ». Peut-on encore éviter la crise annoncée cet été ?

Chloë Cambreling reçoit Frédéric Pierru, chercheur en sciences sociales et politiques au CNRS et à l’EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique) à Rennes, a notamment dirigé avec le professeur André Grimaldi le livre « Santé : urgence », ed. Odile Jacob, 2020.

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Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Une crise inévitable cet été

Frédéric Pierru affirme que si les personnels hospitaliers se mobilisent aussi amplement, c’est que la crise leur semble inévitable. “Avec les départs en vacances, les urgences vont être engorgées. Il faut s’avoir que les services d’urgence sont le point de fixation de tous les problèmes de l’offre de soin en France.

Selon lui, la médecine de ville, qui est également sous pression, devra absorber ce que les urgences ont tendance à traiter habituellement. Il reste toutefois sceptique quant à cette mobilisation.

Une crise structurelle aux effets conjoncturels

Frédéric Pierru explique que les tensions structurelles ont des effets conjoncturels sur le personnel de santé aux urgences. “Il va y avoir un afflux de patients aux urgences. Structurellement, en raison de la démographie des soignants - car l’hôpital public n’attire plus les jeunes soignants et ne suscitent plus les vocations - les personnels sont en nombre insuffisants. Cela génère des arrêts maladie, des dépressions, des fatigues au travail, ou de la souffrance au travail, etc… Les gens qui restent ont un surcroît de travail à effectuer et donc ils sont encore plus épuisés. Finalement ils finissent par partir.

Des changements qui prendront du temps

Frédéric Pierru explique qu'il faudra des années pour améliorer la situation dans les hôpitaux. “Il va falloir d’une part renverser la démographie déclinante des médecins de ville, corriger les disparités territoriales d’offres de soins. Il va falloir aussi re-créer des vocations, c’est-à-dire rendre l’hôpital public plus attractif. Il va falloir redorer l’image de l’hôpital public auprès des jeunes générations qui se dirigeraient vers les professions soignantes et ça, ça va prendre dix ou quinze ans au bas mot.