Un avion de la compagnie American Airlines à l’aéroport d’Arlington aux Etats-Unis.
Un avion de la compagnie American Airlines à l’aéroport d’Arlington aux Etats-Unis.
Un avion de la compagnie American Airlines à l’aéroport d’Arlington aux Etats-Unis. ©AFP - DANIEL SLIM
Un avion de la compagnie American Airlines à l’aéroport d’Arlington aux Etats-Unis. ©AFP - DANIEL SLIM
Un avion de la compagnie American Airlines à l’aéroport d’Arlington aux Etats-Unis. ©AFP - DANIEL SLIM
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Résumé

Aux Etats-Unis, le déploiement de la 5G en particulier près des aéroports a été repoussé plusieurs fois. Les compagnies aériennes craignent que cette technologie ne perturbe certains instruments de vols essentiels. La France et plus largement l'Europe doivent-elles s'en inquiéter ?

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Pourquoi la 5G inquiète-t-elle les compagnies aériennes américaines ? Outre-Atlantique, le déploiement de cette nouvelle technologie a été plusieurs fois repoussé en particulier près des aéroports. Des opérateurs de télécommunications ont dû renoncer à activer une partie de leurs antennes. L’aviation craint que la 5G ne perturbe certains instruments de vols. La sécurité des avions et de leurs passagers est posée. Pourquoi ? La France et plus largement l’Europe doivent-elles elles aussi s’en inquiéter ?

Chloë Cambreling reçoit Gilles Brégant, directeur général de l’Agence nationale des fréquences (ANFR).

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Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Le radioaltimètre

Qu'est-ce qui inquiète les compagnies aériennes américaines ?

C’est une interrogation sur le fonctionnement de ce qu'on appelle les radioaltimètres. Quand l’avion se rapproche du sol, le radioaltimètre se met en marche et indique à quelle distance se trouve le sol. Il fonctionne dans une gamme de fréquences précises, autour de 4,2 ou 4,3, gigahertz. La 5G en utilisant des fréquences dans le voisinage de ces radioaltimètres pourrait les aveugler.

Un problème technique pris en charge en France

Tous les pays n’ont pas ce problème.

C’est la première fois que les américains utilisent ces bandes de fréquences très proches de celles des radioaltimètres. Mais en réalité, ces bandes sont déjà utilisées dans beaucoup de pays du monde comme en Corée du sud pour les derniers JO, en Chine, en Suisse, en Angleterre et en France (à partir de novembre 2020).

Le rapport qui alertait sur cette question des radioaltimètres, conçu par une association de constructeurs aéronautiques, est sorti quelques mois avant que la France n’utilise la 5G. Donc on a pris quelques précautions.

Ce que l’on fait depuis plus d'un an est qu’on protège les voies d’approches des principaux aéroports français où l’on peut se poser sans visibilité. Pendant ce temps, on a fait des tests pour comprendre si certains des radioaltimètres étaient défectueux. On n'a pas encore trouvé de cas pratiques concrets.

Un manque d'anticipation aux États-Unis ?

Les américains qui ont eu le même rapport que nous mi-2020 ont eu aussi le temps de s’y pencher. Les États-Unis ont mis aux enchères cette bande de fréquences fin 2020 et ils en ont retiré plus de 80 milliards de dollars. Il y a quelques tentatives de faire prendre en charge la mise à niveau de certains radioaltimètres par le budget fédéral.

Le fait que la 5G arrive près des radioaltimètres n’est pas une nouvelle récente, ça fait pratiquement 20 ans qu’on réfléchit à l’usage de cette bande pour la téléphone mobile et ça fait 10 ans qu’on est sûr que la 5G l'utilisera.