Harkis et enfants de Harkis manifestant à Saint-Maurice l’Ardoise dans le Gard pour attirer l’attention sur leurs conditions de vie. Photo prise le 2 juin 1975.
Harkis et enfants de Harkis manifestant à Saint-Maurice l’Ardoise dans le Gard pour attirer l’attention sur leurs conditions de vie. Photo prise le 2 juin 1975. ©AFP - AFP
Harkis et enfants de Harkis manifestant à Saint-Maurice l’Ardoise dans le Gard pour attirer l’attention sur leurs conditions de vie. Photo prise le 2 juin 1975. ©AFP - AFP
Harkis et enfants de Harkis manifestant à Saint-Maurice l’Ardoise dans le Gard pour attirer l’attention sur leurs conditions de vie. Photo prise le 2 juin 1975. ©AFP - AFP
Publicité

Lundi 20 septembre 2021, Emmanuel Macron a demandé pardon aux Harkis et à leurs enfants, annonçant un projet de loi de réparation pour ces Algériens qui ont combattu aux côtés de l’armée française pendant la guerre d’Algérie, entre 1954 et 1962.

Avec
  • Raphaëlle Branche Professeure d’histoire contemporaine à l’université de Paris-Nanterre

Lundi 20 septembre 2021, Emmanuel Macron a demandé pardon aux Harkis et à leurs enfants, annonçant un projet de loi de réparation pour ces Algériens qui ont combattu aux côtés de l’armée française pendant la guerre d’Algérie, entre 1954 et 1962. En 2016, François Hollande avait reconnu la responsabilité de la France dans l’abandon des Harkis. Un pas de plus vers la reconnaissance de ces 200 000 Algériens qui se sont sentis trahis par l’Etat français et qui ont été victimes de représailles dans leur propre pays.

Guillaume Erner reçoit Raphaëlle Branche, professeure d'histoire contemporaine à l'université de Paris-Nanterre, auteure notamment de « Papa, qu'as-tu fait en Algérie ? : enquête sur un silence familial », ed. La découverte.

Publicité

Fermer les yeux sur la défaite 

Il a fallu longtemps pour reconnaître le sort des Harkis, comment expliquer ce délai ? 

Cela dépend de ce qu'on appelle reconnaître le sort des Harkis. Là on parle de leur abandon par le gouvernement français en 1962 et le fait qu’il n’y ait pas eu de politiques de prise en charge. En réalité il y en a eu une, mais elle a été absolument misérable. Quand ils ont réussi à parvenir en France, ils ont été mis dans des camps.

Sans doute une des raisons - de ce délai - est le désir de remettre ce passé loin après la guerre d’Algérie. En 1962 elle est perdue cette guerre, la France préfère se tourner vers d’autres directions. Le passé colonial, dans ces aspects les moins glorieux, ne sera plus l’objet de politiques publiques. Les Harkis font les frais de ce rapport mal-aisé à cette histoire coloniale.

Une mise à l'écart forcée

Ce sort cruel s’explique parce qu’on a voulu les oublier, faire comme si cela n’avait jamais existé ? 

Les quelques 80 000 personnes qui ont réussi à traverser la Méditerranée, sans aucune aide, ont été à leur arrivée en France, pour la moitié d’entre elles au moins, reléguées dans des camps. Même physiquement, spatialement, mises à l’écart dans des hameaux, des forêts, des camps. Il y a quelque chose qui tient du « ne pas vouloir voir ». 

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

La Question du jour
7 min

L'équipe