Illustration du cerveau humain. La sclérose en plaques touche le système nerveux central.
Illustration du cerveau humain. La sclérose en plaques touche le système nerveux central.
Illustration du cerveau humain. La sclérose en plaques touche le système nerveux central. ©Getty - MedicalRF.com
Illustration du cerveau humain. La sclérose en plaques touche le système nerveux central. ©Getty - MedicalRF.com
Illustration du cerveau humain. La sclérose en plaques touche le système nerveux central. ©Getty - MedicalRF.com
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Résumé

Dans une étude publiée le 13 janvier 2022 dans la revue "Science", des chercheurs américains établissent un lien entre la survenue de la sclérose en plaques et la présence du virus d'Epstein-Barr. Quel est ce virus ? En quoi consiste cette découverte ? Pourquoi est-ce une avancée ?

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Catherine Lubetzki (professeure de neurologie à Sorbonne Université, directrice médicale du département médico universitaire de neurosciences et directrice médicale de l’institut du cerveau à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris.).

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Pour les personnes atteintes de sclérose en plaques, c’est une importante découverte. Dans un article publié le 13 janvier 2022 par la revue « Science », des chercheurs américains font le lien entre la survenue de cette maladie auto-immune et la présence du virus d'Epstein-Barr. 2,8 millions de personnes au monde sont touchées par la sclérose en plaques. Plus de 110 000 en France. En quoi consiste la corrélation entre cette maladie et ce virus ? Quel est ce virus ? Pourquoi cette découverte est-elle une avancée ?

Principalement connue pour s’attaquer au système nerveux, identifiée par le célèbre professeur Charcot en 1868, que connaît-on aujourd’hui des principales caractéristiques et manifestations de la sclérose en plaques ?

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Guillaume Erner reçoit  Catherine Lubetzki, professeure de neurologie à Sorbonne Université, directrice médicale du département médico universitaire de neurosciences et directrice médicale de l’institut du cerveau à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris.

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

À lire aussi : Sclérose en plaques : quand le système immunitaire s'emballe

Qu'est-ce que la sclérose en plaques ?

Principalement connue pour s’attaquer au système nerveux, que connaît-on des principales caractéristiques de la sclérose en plaques ?

C’est une maladie qui touche de façon très prédominante les jeunes adultes. La maladie débute la plupart du temps entre 25 et 35 ans. C’est une maladie inflammatoire qui va s’attaquer à la gaine de myéline, une enveloppe entourant les prolongements des neurones qu’on appelle les axones. En donnant ces lésions de la myéline, ces plaques de sclérose en plaques, la maladie va donner des signes neurologiques très variés puisqu’ils dépendent de la localisation de l’atteinte de la myéline dans le système nerveux central.

Une corrélation entre la sclérose en plaques et le virus d'Epstein-Barr

L’étude publiée dans la revue « Science » fait un lien entre cette maladie et le virus d’Epstein-Barr. Quel est ce virus et que signifie cette corrélation ?

Ce sont des résultats importants certes, mais qui ne sont pas récents. Cette association entre la sclérose en plaques et le virus d’Epstein-Barr qui donne la mononucléose est connue depuis une vingtaine d’années. L’intérêt de cette étude est qu’elle a été faite sur une très large gamme de population et donc qu'elle confirme et solidifie ces résultats.

Cette étude a été faite sur des militaires américains suivis tous les ans avec un examen clinique et des prises de sang, entre 1993 et 2013. Parmi ces individus, ils ont comptabilisé le nombre d’individus qui avaient développé une sclérose en plaques : 801 sur plusieurs millions. Sur ces 801 patients, tous avaient contracté le virus d’Epstein-Barr sauf un seul.

L’originalité de cette étude est que parmi ces patients, ils ont isolé un sous-groupe de patients qui, lors du premier prélèvement, étaient négatifs pour le virus d’Epstein-Barr. Dans la population générale, la plupart des individus adultes sont positifs pour le virus d’Epstein-Barr. Parmi ce sous-groupe, ils ont regardé ceux qui avaient développé la maladie et ceux qui n’avaient pas développé la maladie et ils ont regardé leur statut vis-à-vis du virus d’Epstein-Barr. Et ils ont vu que parmi ces individus qui, au premier prélèvement, n’avaient pas été en contact avec le virus d’Epstein-Barr, 35 ont par la suite développé une sclérose en plaques et tous, sauf un, étaient, pendant cet intervalle, devenus positifs au virus d’Epstein-Barr. Parmi les autres qui n’avaient pas développé la sclérose en plaques, seuls 50% avaient été en contact avec le virus d’Epstein-Barr.

Le fait d’avoir été en contact avec le virus d’Epstein-Barr augmente d’un facteur 32 le risque de développer une sclérose en plaques. C’est une condition nécessaire mais non suffisante. C’est un facteur de risque.

Une piste thérapeutique (préventive) pour le futur

La piste thérapeutique serait un vaccin contre le virus d’Epstein-Barr. Dans les années qui viennent, il est probable qu’on aura une vaccination.