L'augmentation croissante du loup vient raviver le conflit entre ses protecteurs convaincus et les éleveurs qui subissent ses attaques. La présidente de la Commission européenne a même déclaré vouloir baisser son niveau de protection en raison des dégâts de celui-ci. Quel avenir pour son statut ?
- Farid Benhammou Professeur de géographie en classes préparatoires et chercheur associé au laboratoire Ruralités de l'Université de Poitiers
Il a longtemps fait l'objet d'une protection accrue en Europe, pourtant, il semble être devenu un danger ces dernières années. Le loup sème la destruction sur son passage, attaquant les troupeaux de nombreux éleveurs. Le mécontentement qu'il génère pousse la Commission européenne à revoir son statut.
Une population en pleine expansion ?
En Europe, Farid Benhammou rappelle qu’une grande population est présente en Espagne et dans toute la Péninsule Ibérique, ainsi qu’en Italie et en Allemagne. De même, c’est dans toute l’Europe de l’Est qu’on trouve la plupart des individus. Le professeur de géographie en classes préparatoires et chercheur, associé au laboratoire Ruralités de l'Université de Poitiers, ajoute que l’expansion des loups modifie quelque peu leur régime alimentaire : “le loup mange principalement des animaux sauvages. Néanmoins, il mange parfois des animaux domestiques comme des bovins. Cela représente une part de trop pour les éleveurs”.
En effet, presque 11 000 bêtes d'élevage auraient été attaquées en 2022 contre 3 800 en 2010. “Toutefois, presque 75 % des éleveurs concernés ne supportent en réalité qu’une ou deux attaques. Les mesures de protection mises en place, à savoir les chiens de protection, les clôtures ou la présence humaine sont généralement efficaces”, explique Farid Benhammou.
Quel avenir pour la protection des loups ?
Après les déclarations de la présidente de la commission, à quoi peut-on s’attendre en termes de protection des loups ? “Cela autoriserait plus de tirs de loups non nécessaires. Il y a plusieurs études qui montrent que les tirs ne diminuent pas les dégâts. D’autres insistent sur le fait qu’il n’y a pas de corrélation entre le nombre de loups et les attaques”, selon Farid Benhammou.
En France, il y aurait aujourd’hui environ 1100 loups, dont 19 % qui seraient autorisés à l’abattage, à savoir environ 200. “Néanmoins, tous les tirs ne sont pas des tirs d'abattage. Les tirs d'effarouchement, destinés à leur faire peur ou les blesser légèrement, sont utiles pour étudier leur comportement, par exemple. Ces tirs ne sont pas assez mis en avant alors qu’ils permettent également une sorte de dressage du loup”, conclut le chercheur.
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