Des forces de l’ordre positionnées face à des supporters de Liverpool. Photo prise le 28 mai 2022 au stade de France à Saint-Denis. ©AFP - THOMAS COEX
Des forces de l’ordre positionnées face à des supporters de Liverpool. Photo prise le 28 mai 2022 au stade de France à Saint-Denis. ©AFP - THOMAS COEX
Des forces de l’ordre positionnées face à des supporters de Liverpool. Photo prise le 28 mai 2022 au stade de France à Saint-Denis. ©AFP - THOMAS COEX
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Résumé

Les événements survenus samedi 28 mai 2022 au stade de France lors du match de la finale de la ligue des champions opposant Liverpool au Real Madrid sont qualifiés de "chaos". L'organisation et le dispositif sont largement critiqués, notamment à l'étranger.

avec :

Sebastian Roché (Sociologue, directeur de Recherche au CNRS, spécialiste de la comparaison des systèmes de police).

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« Chaos ». C’est le mot qui a émaillé les commentaires sur les incidents du samedi 28 mai 2022 au Stade de France lors du match de foot opposant Liverpool au Real Madrid. Un match de finale de la Ligue des champions très attendu qui a viré au chaos, puis au scandale politique. L’organisation et le dispositif de sécurité sont largement critiqués.

Guillaume Erner reçoit Sébastian Roché, politologue, directeur de recherche au CNRS. Auteur notamment de « La nation inachevée. La jeunesse face à l’école et la police » 2022, ed. Grasset et « De la police en démocratie » ed. Grasset.

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Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Le dispositif classique entre forces de l’ordre et personnels de sécurité

Sébastian Roché explique qu’après une phase de rassemblement d’informations sur les troubles qui pourraient éventuellement se produire, il y a un partage des responsabilités au plan opérationnel, établi par la loi dite Alliot-Marie, depuis 1993. La police ou la gendarmerie se trouve à l’extérieur du stade et les “stadiers”, des personnes rémunérées par le secteur privé, prennent en charge la sécurité des spectateurs.

Une succession de dysfonctionnements et de ratages

Comme l'explique Sébastian Roché, "c'est pour la France, une très mauvaise tribune internationale. A ce stade nous n'avons que des information fragmentées".

Néanmoins, pour Sébastian Roché : “Il semble que la préfecture de police de Paris n’ait pas compris ce qu'étaient les fans de Liverpool. Ce sont des personnes extrêmement paisibles. Ce sont des groupes de supporters qui, depuis le drame d’Hillsborough, qui avait fait quatre-vingt-dix-sept morts en 1989, sont partout très paisibles. Il semble qu’ils se soient préparés à l’éventualité d’une confrontation, alors qu’il n’y avait aucun indice qui permettait de le supposer.

"Deux lignes de RER ne fonctionnant pas, les supporters sont arrivés par une porte et se sont massés à un endroit où la policé a créé une sorte de goulot d'étranglement, les supporters sont restés bloqués pendant 2 à 3 heures..." explique Sébastian Roché. "En parallèle, il y a eu un certain nombre de faux billets, des resquilleurs. On a l'impression d'une succession de dysfonctionnements."

"Certes il n'y a pas eu de morts, mais il y a eu l'usage de la force au Stade de France et Place la Nation : le fait de gazer de manière indiscriminée les personnes, et bien cet usage massif et plutôt classique en France des gaz lacrymogènes, a fait bondir la presse internationale."

Une négation des autorités politiques

Sébastien Roché pense que la ligne de défense du ministre de l’Intérieur est très mauvaise. “Son objectif est de déplacer les critiques. Tout le monde a vu le chaos et maintenant sa stratégie est de dire “Ce n’est pas nous, c’est les autres". Évidemment c’est très difficile à entendre parce qu'on appelle la police précisément quand il y a des problèmes. C’est lorsqu’il y a des problèmes qu’elle doit être efficace, or là ce n’est pas le cas.

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Élodie Piel
Collaboration