Centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly ©AFP - GUILLAUME SOUVANT
Centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly ©AFP - GUILLAUME SOUVANT
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Résumé

La France n'utilise que la moitié de sa puissance nucléaire. Pourquoi ? Peut-on passer l'hiver dans ces conditions ?

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Mercredi, EDF publiait un communiqué révélant la baisse de sa production nucléaire. Et pour cause, les fissures repérées sur certains réacteurs imposent leur mise à l’arrêt provisoire. Mais provisoire pour combien de temps ? Le reste du parc nucléaire va-t-il aussi être mis en pause ? Quelles répercussions sur l’approvisionnement en électricité ?

Guillaume Erner reçoit Nicolas Goldberg, senior management énergie chez Colombus Consulting.

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La moitié de la puissance nucléaire française à l’arrêt

Plus de la moitié de la puissance nucléaire française est à l’arrêt. Entre 26 et 27 réacteurs sont arrêtés, dont les plus grands. Selon Nicolas Goldberg, plusieurs facteurs l’expliquent : des retards de maintenance dus au Covid, des visites décennales en cours et la découverte de corrosion sur certains circuits de sureté. Cinq réacteurs sont touchés par ces corrosions.

"Concernant la maintenance et les visites décennales, ce n’est pas un manque d’investissements qui est en cause mais un retard pris. Il est encore trop tôt pour savoir si les corrosions sont dues à un manque d’investissements ou à un défaut de conception par exemple".

Un réseau électrique sans marge

Pour Nicolas Goldberg, nous allons connaître de vrais problèmes cet hiver concernant la sécurité de l’approvisionnement électrique. "C’était déjà le cas l’hiver dernier, mais dans une moindre mesure du fait de la douceur du climat et des températures basses intervenues dans des creux structurels de consommation. Le réseau électrique, entre 2020 et 2024-2025 est sans marge. On a aussi fermé beaucoup de centrales fossiles ces dix dernières années". Il va falloir reconstituer ces marges en réinvestissant dans des moyens de production mais aussi dans de la maîtrise de consommation.

Préoccupations pour l’hiver prochain

On ne va pas atteindre la disponibilité totale du parc nucléaire cet hiver. "Nous sommes dans un pays très thermosensible : quand la température baisse un peu il y a énormément de consommation électrique supplémentaire. L’éolien fait 10% de notre production électrique mais il faut du vent. Si des froids se prolongent avec moins de vent il faudra aussi regarder la disponibilité de l’hydraulique".

Les conséquences pourraient être l’interruptibilité voire la baisse de tension. Nicolas Goldberg espère qu’on évitera les délestages tournants qui consistent à couper pendant deux heures l’électricité d’un quartier en tournant ensuite à un autre quartier ou un autre secteur.

5 min
Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Élodie Piel
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation