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Résumé

La France attire les investisseurs étrangers. Elle est en tête des pays européens en la matière et ce pour la troisième année consécutive. Comment l'expliquer ? Comment se mesure l'attractivité d'un pays ?

avec :

Isabelle Méjean (économiste, professeure à Sciences Po, prix du meilleur jeune économiste 2020).

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« Soyons fiers ! » s’est exclamé mardi 31 mai 2022 Emmanuel Macron sur twitter. Le président de la République se réjouissait que la France occupe la première place du podium pour les investisseurs étrangers. Une France attractive, pour la troisième année consécutive, comme l’a confirmé le cabinet d’audit et de conseil EY dans son baromètre annuel publié mardi 31 mai 2022. Comment la France s’est-elle hissée en haut du podium ? Cette attractivité peut-elle avoir des effets sur notre économie ? Comment se mesure l'attractivité d'un pays ? Comment la France est-elle parvenue à occuper la première place et ce, pour la troisième année consécutive, dépassant ses rivaux historiques comme la Grande-Bretagne ou l’Allemagne ?

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

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La mesure de l'attractivité

Isabelle Méjean explique que ces chiffres sont basés sur le nombre de projets d’Investissement Direct à l’Étranger (IDE) investis en France sur une année donnée. “Tout ce qui est investi depuis l’étranger sur le territoire français va participer à l’attractivité. Quand on parle d’IDE, c’est qu’on parle de prise de participation par des entreprises ou des investisseurs étrangers au capital d’entreprise française à un niveau suffisamment important pour participer de manière effective à la gestion de l’entreprise. Ce sont des investisseurs qui vont prendre au moins 10% du capital d’une entreprise française pour participer à la gestion de cette entreprise.”

Les atouts de la France

Isabelle Méjean indique que la France est un pays attractif pour les IDE, notamment en raison de sa position centrale dans le marché unique européen. “Chaque année on commente la grande attractivité française, mais si on regarde sur une longue période la France a toujours, au moins sur les dix-quinze dernières années, été dans les rangs les plus élevés en termes d’attractivité en Europe, avec le Royaume-Uni et l’Allemagne. Récemment le Royaume-Uni a perdu en attractivité a partir du moment où il y a eu un vote sur la sortie de l’Union Européenne. La France qui était souvent deuxième dans ces classements se retrouve première mais il n’y a pas eu tellement de changements très importants."

Elle ajoute que les tissus industriels préexistants attirent les investisseurs. “Les investisseurs vont avoir tendance à investir là où il y a déjà de l’activité dans le secteur. Quand on regarde la structure du tissu industriel, on observe qu’il y a des clusters d’activités qui sont localisés dans certaines régions particulières. On peut penser à l’aéronautique en Occitane ou bien à la chimie vers Lyon.”

D’après l’économiste, les autres facteurs de coûts comptent aussi, comme le coût du travail mais aussi tout ce qui concerne la taxation, les aides aux investissements. "Dans le cadre du plan France relance, il y a eu un effort financier pour faire des subventions à l’investissement pour favoriser l’investissement notamment dans le secteur industriel."

Pas de relation automatique entre emploi et investissement

Isabelle Méjean précise que certains investissements peuvent être créateurs d’emplois mais qu’il n’y a pas de relation automatique entre les deux. “On peut investir dans une entreprise française et décider de délocaliser l’intégralité de la production en dehors de la France. Ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup d’investissements qu’il y a nécessairement beaucoup d’emplois qui sont créés.”