Photo prise à Cap Canaveral en Floride le 20 mai 2020, avant l’arrivée des deux astronautes américains ayant embarqué mercredi 27 mais 2020 dans une fusée Space X.
Photo prise à Cap Canaveral en Floride le 20 mai 2020, avant l’arrivée des deux astronautes américains ayant embarqué mercredi 27 mais 2020 dans une fusée Space X.
Photo prise à Cap Canaveral en Floride le 20 mai 2020, avant l’arrivée des deux astronautes américains ayant embarqué mercredi 27 mais 2020 dans une fusée Space X. ©AFP - JOE RAEDLE GETTY IMAGES VIA AFP
Photo prise à Cap Canaveral en Floride le 20 mai 2020, avant l’arrivée des deux astronautes américains ayant embarqué mercredi 27 mais 2020 dans une fusée Space X. ©AFP - JOE RAEDLE GETTY IMAGES VIA AFP
Photo prise à Cap Canaveral en Floride le 20 mai 2020, avant l’arrivée des deux astronautes américains ayant embarqué mercredi 27 mais 2020 dans une fusée Space X. ©AFP - JOE RAEDLE GETTY IMAGES VIA AFP
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Résumé

Deux astronautes américains devraient décoller samedi 30 mai 2020 du centre spatial Kennedy en Floride pour rejoindre la Station Spatiale Internationale, à 400 km de là, dans une fusée SpaceX, la société du milliardaire Elon Musk. Ce vol marque-t-il un tournant dans l’histoire spatiale ?

avec :

Xavier Pasco (Directeur de la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste de l’espace).

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Deux astronautes américains devraient décoller samedi 30 mai 2020 du centre spatial Kennedy en Floride pour rejoindre la Station Spatiale Internationale, à 400 km de là. Un vol très attendu. Il devait avoir lieu initialement mercredi 27 mai 2020 mais en raison des conditions météorologiques, il a été reporté quelques minutes seulement avant l'heure de décollage prévue. Ce vol est très attendu non seulement parce qu’il signe le retour des Etats-Unis dans l’espace, après 9 ans de dépendance à la Russie ; mais aussi parce que la fusée qui a fait voyager les deux astronautes est une fusée SpaceX. SpaceX, c’est la société du milliardaire Elon Musk - le fondateur de Tesla, la voiture électrique. Ce vol marque-t-il un tournant dans l’histoire spatiale ?

Guillaume Erner reçoit Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la Recherche Stratégique, spécialiste de la politique spatiale américaine, auteur de « Le nouvel âge spatial : de la guerre froide au new space », ed. CNRS.

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Un vol devant réaffirmer le redressement américain dans la course à l'espace

Il y avait certainement cette volonté de montrer que les États-Unis étaient de retour dans l'espace. En fait, les États-Unis dépendent depuis une dizaine d'années environ des véhicules russes et de lanceurs russes pour amener leurs astronautes en orbite. C'est une situation qui était très mal tolérée par l'ensemble du personnel politique américain. Depuis des années, il y avait un aspect hautement symbolique à montrer que les fusées américaines avaient envoyé des astronautes américains dans l’espace. Xavier Pasco

"Aujourd'hui, la NASA était historiquement la seule institution à la fois à être dotée d'une vision, d'un programme et de capacités et à pouvoir utiliser les industriels pour réaliser les engins qu'elle concevait elle-même. Mais depuis une dizaine d’années, la NASA a eu du mal à se remettre d'un certain nombre d’événements. Elle a été contestée institutionnellement et a dû se réformer, pour créer de nouvelles relations avec un secteur industriel naissant."

Des partenaires privées (et Elon Musk) à la conquête de Mars ? 

"La NASA a acheté une sorte de délégation de service public. Mais surtout cela veut dire que le centre de gravité du programme s’est lui-même déplacé de la station spatiale vers quelque chose d'autre. La NASA a maintenant une feuille de route pour aller sur la Lune. Et en créant cette délégation vers le secteur privé pour alimenter ou organiser le transfert vers la station, elle montre aussi le déplacement de son centre de gravité. La NASA s'est réorganisée et concentre ses activités vers d'autres phases plus lointaines de l’exploration."

Mars a toujours été, vu comme de Graal ultime, de l'exploration spatiale, de l'exploration habitée depuis les années 1950-1960. D'ailleurs, le retour sur la Lune n'a pas fait consensus. La vertu de cette décision de retourner sur la Lune est de redonner à la NASA un sens à l’institution. Mais Mars reste en arrière-plan, la destination ultime. Musk lui-même parle de transférer un million de personnes à terme en un siècle sur Mars et en elle une sorte de planète B.

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

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