PHOTO D’UN SOLDAT UKRAINIEN PRISE A LYSSYTCHANS EN UKRAINE LE 23 MAI 2022.
PHOTO D’UN SOLDAT UKRAINIEN PRISE A LYSSYTCHANS EN UKRAINE LE 23 MAI 2022.
PHOTO D’UN SOLDAT UKRAINIEN PRISE A LYSSYTCHANS EN UKRAINE LE 23 MAI 2022. ©AFP - ARIS MESSINIS
PHOTO D’UN SOLDAT UKRAINIEN PRISE A LYSSYTCHANS EN UKRAINE LE 23 MAI 2022. ©AFP - ARIS MESSINIS
PHOTO D’UN SOLDAT UKRAINIEN PRISE A LYSSYTCHANS EN UKRAINE LE 23 MAI 2022. ©AFP - ARIS MESSINIS
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Résumé

Le conflit en Ukraine avec la Russie soulève la question des prisonniers de guerre et de la manière dont se déroulent les échanges entre les deux parties en conflit. Qu’est-ce qu’un prisonnier de guerre au regard du droit ? Sur quoi repose l’échange de prisonniers : est-il codifié, encadré ?

En savoir plus

Comment se déroulent les échanges de prisonniers en temps de guerre ? La Russie a fait savoir qu’elle étudiait la possibilité d’échanger des soldats ukrainiens du régiment d’Azov, contre un proche de Vladimir Poutine arrêté mi-avril 2022. Azov c’est ce bataillon ultranationaliste que le Kremlin considère comme néonazi. Ce proche c’est l’oligarque Viktor Medvedtchouk. L’échange de prisonniers est une pratique courante dans un conflit mais est-elle encadrée, codifiée ?

Guillaume Erner reçoit Julia Grignon, chercheuse en droit des conflits armés à l'Irsem (Institut de recherche stratégique de l'École militaire), professeure à l'université Laval au Canada.

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Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Ce que le droit international humanitaire dit sur l’échange des prisonniers de guerre

Julia Grignon rappelle que que “La Troisième Convention de Genève (relative aux prisonniers de guerre), adoptée en 1949, contient plus de 140 articles, donc droits et obligations à l’égard des prisonniers de guerre dès lors qu’ils sont aux mains de l’ennemi.

Elle explique que cette convention ne prévoit rien sur l’échange des prisonniers de guerre : “En général, ce sont des accords entre les parties au conflit. Donc l’Ukraine et la Russie peuvent tout à fait conclurent des accords pour s’entendre sur l’échange de prisonniers. Ça arrive assez fréquemment dans les conflits. Il faut que ce soit des conflits armés internationaux, parce que là on parle de prisonniers de guerre, dont c’est dans le cadre d’un Etat contre un autre Etat.

Les soldats blessés et les malades doivent en revanche être soignés : “Si les Russes capturent des Ukrainiens, ils doivent les soigner s’ils sont blessés. En revanche, les blessés malades incurables devraient être rapatriés en Ukraine. Donc il n’y a pas de règles sur l’échange de prisonniers mais il y a quand même des règles relatives aux blessés et aux malades qui seraient prisonniers de guerre et dont il faut prendre soin."

Le droit international humanitaire sur le terrain

Selon Julia Grignon, le droit humanitaire est violé mais aussi respecté : “L’ensemble de ce droit humanitaire est violé dans les conflits armés mais il est aussi respecté et ça c’est quelque chose qu’on ne voit pas parce qu’on rapporte toujours les violations de ces conventions, et c’est bien normal il faut poursuivre les crimes qui sont commis dans les conflits armés, c’est essentiel, mais il y aussi tous les moments où ces conventions sont respectées et ça on n’en parle pas.”

Les règles du droit international humanitaire n’ont rien de théorique ou d’hypothétique selon Julia Grignon : “Je crois qu’aujourd’hui en Ukraine, elle sont respectées tous les jours et le meilleur exemple c’est ces prisonniers qui sortent de l’aciérie d’Azovstal. Sans droit humanitaire qu’est-ce qu’on aurait fait de ces prisonniers ? Aujourd’hui les Russes les capturent, ils ont du droit à appliquer, il y a un contrôle qui s’exerce, il y a le comité international de la Croix Rouge qui facilite les opérations entre les partis.

Le procès du prisonnier de guerre russe Vadim Chichimarine

Selon Julia Grignon , le procès de Vadim Chichimarine, le soldat russe condamné à perpétuité, semble être équitable : “ Il a eu accès à un avocat, il a été présenté à un juge, il a pu se défendre, il a pu plaider coupable et puis une peine a été prononcée. Puis je crois que son avocat a annoncé son intention de faire appel, donc ça semble être un procès équitable.

Références

L'équipe

Guillaume Erner
Guillaume Erner
Guillaume Erner
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Élodie Piel
Collaboration