Des Justes sont devenus, au moins le temps de la guerre, les familles des juifs qu'ils ont hébergé pour les protéger de la déportation
Des Justes sont devenus, au moins le temps de la guerre, les familles des juifs qu'ils ont hébergé pour les protéger de la déportation - Yad Vashem / collections privées
Des Justes sont devenus, au moins le temps de la guerre, les familles des juifs qu'ils ont hébergé pour les protéger de la déportation - Yad Vashem / collections privées
Des Justes sont devenus, au moins le temps de la guerre, les familles des juifs qu'ils ont hébergé pour les protéger de la déportation - Yad Vashem / collections privées
Publicité

“La voix des Justes”. C’est un podcast en dix épisodes qui donne la parole à celles et ceux qui ont secouru des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un podcast pour donner la parole aux Justes parmi les nations

Les voix que l’on entend dans ce podcast sont des voix qui ont été enregistrées il y a une vingtaine d’années. Il s’agit d’un corpus d’archives sonores d’une durée de 150 heures pour donner la parole aux Justes, qui, pour la plupart, ont disparu.

Publicité

« Il nous a paru aujourd’hui important pour les faire revivre, les faire rester dans notre mémoire collective d’utiliser les technologies modernes et de faire des podcasts en enregistrant et en diffusant ces voix » explique Pierre-François Veil.

Un sens du courage et de la fraternité

Pierre-François Veil explique qu’être Juste parmi les nations représente la plus haute distinction civile de l’Etat d’Israël. En France, cela représente environ 4 200 personnes. « Ce sont des gens qui ont manifesté un sens du courage et de la fraternité. » Ce sont aussi des gens « de toutes conditions sociales, de toutes origines sociales, de toutes régions. » Il y a beaucoup de religieux parmi eux, selon Pierre-François Veil.

Beaucoup de femmes parmi les Justes

« Dans les dix podcasts que nous avons réalisés, il y a énormément de femmes. Pourquoi ? Parce que, dans cette période-là, beaucoup d’hommes, soit sont prisonniers en Allemagne, soit sont au maquis, soit sont engagés dans des mouvements de résistance et donc ils ont quitté leur domicile. Deuxième raison, souvent, on constate que les Justes sont des couples. On les nomme ensemble. Les voix que nous avons enregistrées aujourd’hui sont les voix des femmes survivantes » détaille Pierre-François Veil.

Le nombre de dossiers à instruire pour devenir Juste ne diminue pas

On pourrait penser que le nombre de dossiers à instruire pour identifier et nommer des Justes allait diminuer avec la disparition des personnes souligne le président du Comité français pour Yad Vashem. Mais, le nombre de dossiers à instruire, année après année, ne diminue pas ; « ce sont en général des personnes qui ont été sauvées » qui veulent faire reconnaitre le rôle de leur sauveur, explique Pierre-François Veil. Toutefois, « les demandes d’instruction n’aboutissent pas toujours » prévient-il.

Pourquoi ? « Ils ont fait ce qui leur paraissait normal de faire quand quelqu’un qui était pourchassé, qui était menacé, frappait d’une façon ou d’une autre à leur porte. » Ils pensaient faire la chose « la plus naturelle du monde » et par conséquent ils n’ont pas témoigné. Ce n’est que beaucoup plus tard que l’on commence à le savoir, par les enfants ou les petits-enfants des gens sauvés grâce à leur conduite de bravoure.

Aujourd’hui, au Comité français pour Yad Vashem - Institut international pour la mémoire de la Shoah, compte « un certain nombre de bénévoles qui aident à la préparation des demandes d’instruction (…), à les formaliser et à réunir les pièces nécessaires. »

À lire aussi : La voix des Justes

Avec Pierre-François Veil, président du Comité français pour Yad Vashem - Institut international pour la mémoire de la Shoah

Les épisodes créés par le Comité français pour Yad Vashem sont disponibles sur le site de France Culture, partenaire du podcast  La Voix des Justes.

L'équipe