Photo du musée du Louvre Abu Dhabi prise en 2017. ©AFP - LUDOVIC MARIN
Photo du musée du Louvre Abu Dhabi prise en 2017. ©AFP - LUDOVIC MARIN
Photo du musée du Louvre Abu Dhabi prise en 2017. ©AFP - LUDOVIC MARIN
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Résumé

Une stèle égyptienne en granit rose au nom de Toutankhamon acquise en 2016 par le Louvre Abu Dhabi se retrouve mêlée à une vaste enquête internationale de trafic d’antiquités. L'ancien président du Louvre Jean-Luc Martinez est mis en examen. Pourquoi ?

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C’est l’histoire d’une stèle en granit rose au nom de Toutankhamon qui se retrouve au cœur d’une enquête pour trafic d’antiquités. Cette stèle égyptienne a été acquise par le Louvre Abu Dhabi en 2016. Aujourd’hui, des soupçons sur sa provenance sont soulevés. Aurait-elle été volée ? L’ancien président du Louvre, Jean-Luc Martinez, a été mis en examen pour blanchiment et complicité d'escroquerie en bande organisée. Pourquoi ? Quelles garanties ont les musées dans l’acquisition d’antiquités ?

Guillaume Erner reçoit Jean-Christophe Castelain , directeur du « Journal des Arts »

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Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Une enquête internationale

La mise en examen de Jean-Luc Martinez intervient dans le cadre d’une enquête internationale sur un trafic d’objets archéologiques sortis d’Irak et surtout d’Égypte dans les années 2010 explique Jean-Christophe Castelain. "Le premier épisode de cette affaire date de 2017 quand un sarcophage égyptien vendu au Metropolitan Museum de New-York s’avère avoir été volé. Deux ans après, le musée et les autorités américaines ont restitué le sarcophage à l’Egypte".

En juin 2020, le juge d’instruction Jean-Michel Gentil a fait interpeller cinq grandes figures parisiennes du marché de l’archéologie dont une ancienne conservatrice du Louvre. "Le troisième épisode date de la semaine dernière quand trois personnes sont mises en garde à vue, un conservateur du Louvre, un directeur d’une revue d’égyptologie et l’ancien président-directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez". Ce dernier est le seul à avoir été mis en examen. Jean-Christophe Castelain insiste cependant : "l’enquête concerne l’acquisition d’une stèle par l’Agence France-Museum pour le compte du Louvre Abu Dhabi".

De faux certificats

On reproche à Jean-Luc Martinez de ne pas avoir su déceler que les certificats de pedigree de la stèle étaient des faux. Cependant, une commission de onze personnes était en charge de cette acquisition explique Jean-Christophe Castelain. "Jean-Luc Martinez n’était pas le seul en charge du dossier. Il ne s’agissait pas d’établir que la pièce en question était une fausse mais bien que les certificats et documents accompagnant sa sortie du territoire étaient exacts".

Il est également reproché à l’ancien président-directeur de ne pas avoir fait cas d’un signalement effectué en 2019 par un professeur de Montpellier, Marc Gabolde, qui avait écrit pour exprimer ses doutes sur la fameuse stèle. "Il a joint à sa note une liste d’objets dont il a pu identifier qu’ils étaient tous passés, comme la stèle, entre les mains d’un certain collectionneur et d’un marchand dans les années trente. Si le marchand égyptien a bien existé, son commerce était en revanche trop petit pour qu’il puisse sortir ce type de pièce".