Le logo du géant du gaz russe Gazprom représenté dans une station de service de Moscou, le 11 mai 2022
Le logo du géant du gaz russe Gazprom représenté dans une station de service de Moscou, le 11 mai 2022
Le logo du géant du gaz russe Gazprom représenté dans une station de service de Moscou, le 11 mai 2022 ©AFP - NATALIA KOLESNIKOVA / AFP
Le logo du géant du gaz russe Gazprom représenté dans une station de service de Moscou, le 11 mai 2022 ©AFP - NATALIA KOLESNIKOVA / AFP
Le logo du géant du gaz russe Gazprom représenté dans une station de service de Moscou, le 11 mai 2022 ©AFP - NATALIA KOLESNIKOVA / AFP
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Résumé

La guerre se passe en Ukraine mais elle entraîne des effets collatéraux mondiaux, notamment en termes de hausse des prix sur les denrées alimentaires, à commencer par le blé, bloqué dans les ports… L’inflation qui galope et qui affole les économistes...

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Dans Le Monde, les économistes Olivier Blanchard du MIT et Jean Pisani-Ferry de Sc-Po s’interrogent sur les mesures à prendre pour "limiter les effets pervers de l’inflation". Car selon eux, "Alors que l’Union européenne a fait le choix de riposter à l’agression russe majoritairement sur le terrain économique, paradoxalement, la hausse des prix de l’énergie finance très largement Moscou". Et ils soulignent ce paradoxe auquel se confrontent les États européens : comment réussir à poursuivre simultanément trois objectifs clairs mais contradictoires entre eux : protéger le pouvoir d’achat, contenir l’inflation et accentuer la pression économique sur la Russie. Alors pourquoi ses objectifs sont-ils contradictoires ?

Selon ces deux économistes parce que les mesures de protections du pouvoir d’achat comme les "chèques énergie", ne sont en fait que des transferts d’argent. Le prix à la pompe monte, le chèque énergie y pallie, mais n’a pas d’impact sur la montée des prix et continue d’alimenter la Russie. Même mécanisme sur le blocage des prix, qui contient l’inflation et semble efficace, mais là encore, contradiction : en bloquant les prix, la consommation d’énergie ne baisse pas, et donc, de telles mesures bénéficient encore une fois  indirectement à la Russie.  C’est pourquoi pour ces deux économistes il faudrait pour sortir de ce cercle vicieux réussir à bloquer les prix en incitant à une réduction de notre consommation d’énergie. Alors que faire ? Olivier Blanchard et Jean Pisani-Ferry proposent un plan avec la mise en place d’une tarification "duale" de l’énergie. Chaque ménage peut acheter la quantité d’énergie dont il a besoin à un prix contrôlé. Au delà, il doit se fournir au prix du marché.

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Mais cela est-il suffisant ?  Dans Les Échos, deux tribunes proposent d’agir au niveau européen à travers la mise en commun du coût de la guerre et des achats d’énergie. C’est d’abord les députés européens Sandro Gozi et Valérie Hayer qui constatent que "nous ne sommes pas tous égaux face à la crise". Ainsi, certains états sont entièrement dépendants du gaz russe alors que d’autres, comme le Portugal, peuvent s’en passer. Pour eux il faut, comme pendant la pandémie ou le Brexit, créer un "fond de mutualisation des couts de la guerre" qui permettrait à chaque état d’obtenir une aide financière en fonction de ses besoins. Un moyen qui devrait selon eux inciter à agir "en solidarité avec le peuple ukrainien". Autre tribune, autre mise en commun, celle des achats d’énergie. C’est Caroline Mini, du think tank La Fabrique de l’industrie, qui appelle les États membres de l’Union Européenne a tirer les conclusions de l’envolée des prix de l‘énergie sur les marchés. Ainsi acter une trop grande dépendance vis-à-vis d’un trop petit nombre de fournisseurs. Il faudrait, avance t-elle, créer un pool européen d’acheteurs de gaz afin d’obtenir des prix plus avantageux, et donc de mieux résister aux conséquences économiques de la guerre...

Conséquences économiques de la guerre ou "Économie de Guerre", c’est l’analyse que porte Xavier Ragot dans la revue Germinal...

Le président de l’Observatoire français des conjonctures économiques, l’OFCE revient sur ce que veut dire l’Economie de Guerre, où, à l’évidence "les notions de croissance ou d’inflation perdent beaucoup de leur sens".

D’abord, analyse-t-il, les prix des hydrocarbures - dont il est question depuis le début de cette chronique - "ne répondent pas aux lois de l’économie de marché ou des fondamentaux économiques, mais bien à des choix stratégiques d’états en conflit".

"Dans un tel environnement, il faut pouvoir comprendre l’inflation différemment" explique Xavier Ragot. La baisse de la quantité de gaz disponible en Europe, responsable de la montée des prix, ne pourra pas être compensée par une augmentation de la dette ou des salaires comme dans une "inflation normale", puisque la quantité de gaz restera la même. Résultat, si nous ne réduisons pas notre consommation, il n’y aura pas assez de gaz pour tout le monde. Et Xavier Ragot utilise un mot lourd de sens et d’imaginaire : "rationnement". C’est peut être ça, au fond, la réalité de l’Économie de guerre.

Par Mattéo Caranta

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