Face à la pire reprise épidémique depuis 2020, les dérives de la stratégie "zéro Covid" de la Chine

Plus de 80% des nouveaux cas positifs ont été rapportés à Shanghai, la plus grande ville du pays placée en confinement quasi-total depuis la semaine dernière
Plus de 80% des nouveaux cas positifs ont été rapportés à Shanghai, la plus grande ville du pays placée en confinement quasi-total depuis la semaine dernière ©AFP - Hector RETAMAL
Plus de 80% des nouveaux cas positifs ont été rapportés à Shanghai, la plus grande ville du pays placée en confinement quasi-total depuis la semaine dernière ©AFP - Hector RETAMAL
Plus de 80% des nouveaux cas positifs ont été rapportés à Shanghai, la plus grande ville du pays placée en confinement quasi-total depuis la semaine dernière ©AFP - Hector RETAMAL
Publicité

Alors que la Chine fait face à la pire reprise épidémique de Covid-19 depuis plus de deux ans, une vidéo fait scandale sur les réseaux sociaux. Au Royaume-Uni, la privatisation d’une chaîne de télévision fait polémique.

Les images montrent un homme à genoux, tenu par deux autres personnes dont l’une qui lui rase la tête avec une tondeuse. Il se fait réprimander pour avoir voulu s’échapper d’un centre de quarantaine dans la province du Shandong, à l’est du pays.

Les deux hommes qui le maintiennent, munis d’un brassard rouge officiel, sont visiblement des volontaires des comités de quartier chargés de surveiller la population, en période de restrictions sanitaires drastiques. Les commentaires des internautes sont très virulents, beaucoup y voient un nouvel abus de pouvoir qui s’ajoute au climat de plus en plus malsain dans le pays, qui enregistrait hier plus de 20 000 nouveaux cas de Covid-19. Pour la Chine, c’est énorme, inédit depuis plus de deux ans.

Publicité

La majorité d’entre eux ont été enregistrés à Shanghai, centre financier du pays où le confinement vient d’être prolongé pour les 25 millions d’habitants qui y vivent, précise la correspondante régionale du Wall Street Journal, basée à Singapour.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Un énorme hôpital de 40 000 lits est en train d’y être construit, d’autres devraient suivre selon les médias officiels chinois comme Global Times et China Daily. Alors que la ville compte parmi le plus grand nombre de médecins par habitant, 38 000 viennent d’y être envoyés en renforts. C’est l’opération la plus importante depuis le verrouillage de Wuhan en 2020, rapporte le Guardian qui cite là aussi les autorités chinoises.

Car le personnel médical peine à faire face à l’afflux de nouveaux cas, nous dit le magazine américain Foreign Policy qui consacre une longue analyse à la situation actuelle dans le pays.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Outre la fermeture des centres qui abritent des malades, les transports publics sont à l’arrêt, au détriment de ceux qui ont besoin de recevoir des soins de longue durée comme des dialyses ou des traitements contre le cancer. Beaucoup manquent de médicaments. Des centaines de patients et leurs familles appellent ainsi à l'aide sur les réseaux sociaux. Il règne donc à Shanghai "un sentiment de confusion, de chaos et d'impuissance" dans cette ville qui, jusqu'à ces dernières semaines, était une réussite dans la lutte contre le Covid-19, selon le Guardian, qui cite un expert en santé publique de Yale, selon qui, le manque de communication et de préparations psychologiques de la population "peut s’avérer efficace contre une pandémie".

Et notamment à l’approche du Congrès national du Parti communiste, lors duquel le président Xi Jinping devrait se voir confier un troisième mandat à la tête du pays. Des taux d'infection stupéfiants, même avec un taux de létalité relativement faible, pourraient s'avérer être une faiblesse à ce moment critique, note Foreign Policy.

Au Royaume-Uni : la privatisation de Channel 4 critiquée par de nombreux médias britanniques

Channel 4, c’est tout un symbole outre-Manche. Lancée en 1982 par Margaret Thatcher, c'était l'une des inventions "les plus folles, brillantes et inattendues" d'un gouvernement conservateur, nous explique The Times.

Channel 4 est la propriété du gouvernement depuis son lancement en 1982 mais tire son financement de la publicité, sans bénéficier de la redevance comme la BBC
Channel 4 est la propriété du gouvernement depuis son lancement en 1982 mais tire son financement de la publicité, sans bénéficier de la redevance comme la BBC
© AFP - JUSTIN TALLIS

Difficile en effet d’imaginer la "Dame de fer" confortablement installée dans son canapé devant cette chaîne qui ne partageait pas vraiment sa philosophie, poursuit le quotidien. Mais c’est pourtant bien elle et son ministre de l’Intérieur, Willie Whitelaw, qui l’ont créé, avec pour objectif de dynamiser le paysage audiovisuel britannique de l’époque. Certes, aujourd’hui elle n’est plus vraiment le bastion d’avant-garde que la mémoire populaire retient, estime le Guardian. Mais le quotidien retient cependant plusieurs "points positifs merveilleux", plusieurs des programmes de Channel 4 ayant eu l'audace d'aborder des sujets de société difficiles. Parmi lesquels la guerre civile en Irlande du Nord avec la série Derry Girls, ou encore It’s a sin qui met en scène de jeunes homosexuels au début de l’épidémie de sida, une production en lice dans 11 catégories pour les prochains BAFTA de la télévision, l’équivalent britannique des Oscars ou des Césars.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

La ministre de la Culture Nadine Dorries vient donc d’annoncer son intention de vendre Channel 4, qui appartient au gouvernement. Elle assure que rester dans le giron public empêcherait la chaîne de rivaliser avec Netflix ou encore Amazon, et qu’il convenait d’évaluer les finances du groupe. Mais cet argument n’a aucun sens, pour la BBC qui rappelle d'abord que Channel 4 tire son argent de la publicité, et ne coûte donc rien au contribuable britannique.

"Comment quelqu’un qui ne sait même pas quel est le modèle économique du groupe peut-il se dire préoccupé par ses finances ?" se demande le Guardian, qui ajoute que la chaîne ne fait pas non plus de profits, puisqu’elle réinjecte tous ses revenus dans la programmation, alors qu’il y a fort à parier que son futur propriétaire s'attendra à faire des bénéfices.

Autre raison qui prouve l’absurdité de cette décision pour la presse britannique : la ministre veut concurrencer Netflix et Amazon. Soit, sauf que ce n’est pas l’ADN de Channel 4, dont les programmes sont destinés au public britannique, à ses préoccupations, tout en favorisant la discussion, le débat, quitte parfois à bousculer, tandis que les deux géants américains eux, ont pour objectif d’attirer un public mondial, à coups de grosses productions, note le Guardian, qui se demande à qui profitera cette vente ? Parmi les acheteurs potentiels, les médias avancent les noms d’ITV, de Paramount ou de l’américain Discovery. Mais ce qui est sûr, c'est que la vente fera les affaires de Boris Johnson. Après les critiques et menaces de privatisation contre la BBC, le Premier ministre pourrait se servir de la privatisation de Channel 4 comme d'un autre argument de poids face à ses partisans de droite mécontents de lui.

Et même si, dans le cas où elle se ferait, la vente de Channel 4 prendra du temps, tout dans cette décision inquiétante suggère qu'il s'agirait de la première d'une série de mesures visant à modifier le paysage médiatique dans l'intérêt du gouvernement, au détriment du débat démocratique, déplore de son côté The Independant.