20 ans après : l'Australie et l'Indonésie se souviennent des attentats de Bali

Des familles de victimes à Kuta, devant le mémorial des attentats de Bali, le 12 octobre 2022.
Des familles de victimes à Kuta, devant le mémorial des attentats de Bali, le 12 octobre 2022. ©AFP - JOHANNES P. CHRISTO / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Des familles de victimes à Kuta, devant le mémorial des attentats de Bali, le 12 octobre 2022. ©AFP - JOHANNES P. CHRISTO / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Des familles de victimes à Kuta, devant le mémorial des attentats de Bali, le 12 octobre 2022. ©AFP - JOHANNES P. CHRISTO / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
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Des cérémonies d'hommage aux victimes des attentats de Bali ont été organisées en Indonésie et en Australie. 88 ressortissants australiens sont morts là-bas le 12 octobre 2002. Les autorités australiennes déplorent toutefois un hommage indonésien qui célébrait le programme antiterroriste de Jakarta.

Le 12 octobre 2002 au soir, plus de 200 personnes perdaient la vie dans une attaque à la bombe à Kuta, ville touristique de Bali. Des islamistes liés à Al-Qaïda avaient pris pour cible un club et un bar, à une heure de grande fréquentation. Parmi les victimes figurent 88 Australiens, à qui leur pays a rendu un vibrant hommage hier pour commémorer les vingt ans du drame : des centaines de personnes réunies notamment devant le mémorial aux victimes à Sydney, avec prise de parole du Premier ministre, Anthony Albanese, pour qui "la douleur ne s'estompe pas". Étaient présents aussi, des familles et des rescapés, comme Dave Byron, interviewé par toutes les télévisions et qu'on retrouve aussi dans les pages du Sydney Morning Herald. Lui, le rescapé qui a perdu à Bali sa fille de 15 ans, Chloé, avec qui il était en vacances. Il avait sur lui hier la chemise à fleurs violettes qu'elle lui avait offert quelques heures avant l'attentat. Par respect pour elle et tous ceux qui sont morts ce jour-là, il fait du surf, se fait plaisir en mangeant, il vit sa vie pleinement, assure-t-il.

À Bali, sur les lieux du mémorial indonésien, il y a eu des moments similaires avec dépôts de fleurs. Puis, il y a eu le soir, un moment spécial qui coïncidait avec l'heure du drame. Mais à l'inverse de ce qui était imaginé par les participants, ce qui s'est passé a plus créé la stupéfaction qu'autre chose, relatent ABC News et le Sydney Morning Herald. Sur des écrans géants, devant un parterre d'Indonésiens avec notamment des survivants et proches des disparus étrangers, un documentaire d'une dizaine de minutes, intitulé Harmonie dans la diversité, est diffusé. Colère et désespoir chez les spectateurs qui découvrent des images de l'attentat.

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"Montrer les images des bombes qui explosent et les moments qui ont suivi est incompréhensible", explique à 9News un rescapé de l'attentat à la suite de la cérémonie. Il s'attendait plutôt, dit-il, à un moment de recueillement avec une minute de silence. Mais, silence il n'y a pas eu car certains à côté de lui n'ont pas tenu le choc : colère et pleurs. En particulier quand ils ont vu apparaître sur les écrans les visages des terroristes. Ils aperçoivent notamment l'artificier des attentats, Umar Patek, qui a été jugé et qui est en prison actuellement depuis dix ans. Il pourrait d'ailleurs bénéficier prochainement d'une libération conditionnelle après dix ans d'emprisonnement, a-t-on appris cet été, ce qui n'a pas manqué d'être dénoncé par les autorités australiennes.

S'il apparaît dans cette vidéo, ce n'est pas un hasard, estime le Sydney Morning Herald. En détention, il a suivi un programme de déradicalisation. Sur les images, on le voit participer à une levée du drapeau indonésien, ce qui est un signe, selon Jakarta, qu'il aurait tourné le dos au terrorisme islamique. Ainsi, on trouve là, à travers ce film, une volonté de saluer la bonne efficacité des mesures prises par le gouvernement indonésien dans la lutte antiterroriste, en particulier le succès de son dispositif de déradicalisation. Selon les autorités, le taux de récidive des condamnés pour terrorisme serait inférieur à 6 %. Un résultat dont le calcul serait bancal, nous dit Al Jazeera qui cite des experts. Si la lutte antiterroriste des gouvernements indonésiens depuis 2002 a été largement saluée par l'Australie, ce programme de déradicalisation, comme sa promotion à travers le documentaire hier, sont vécus comme des affronts.

Cultures Monde
58 min

Haïti : faut-il craindre des débordements lors d'une nouvelle intervention militaire étrangère ?

Ces craintes n'émanent pas des autorités, mais d'une partie de la population et d'acteurs de la société civile. Elles font suite à l'appel à l'aide du premier ministre Ariel Henry qui demande à la communauté internationale d'intervenir d'urgence dans le pays, pour le sortir de la triple crise dans laquelle s'enfonce Haïti : crise du carburant, crise sanitaire avec une flambée de cas de choléra, et surtout crise sécuritaire avec le règne de terreur imposé par les gangs. Ces derniers s'adonnent sans résistance au racket, à des enlèvements etc... Ils bloquent les ports et contrôlent même depuis un mois le principal terminal pétrolier.

Lundi 10 octobre, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit favorable à l'envoi d'une force militaire internationale, comme réclamé par les autorités haïtiennes. Washington toutefois réfléchi encore, tout comme le Canada, à l'idée d'une telle intervention. Pour l'instant, la Maison Blanche a tout de même assuré qu'elle aiderait le pays. Une délégation américaine est arrivée sur place hier, ainsi qu'un navire des garde-côtes américains qui a commencé à patrouiller dans la baie de Port-Au-Prince, a constaté Le Nouvelliste.

Les réticences à l'envoi d'une véritable force armée viennent surtout d'Haïti, et en particulier des populations pour cause d'un passé encore douloureux, rappelé par Al Jazeera. Des interventions étrangères qui avaient provoqué des scandales : le choléra a été apporté par les Casques bleus de l'ONU en 2010, avec plus de 10 000 Haïtiens morts pour bilan, et en parallèle, une centaine d'enfants abandonnés par les soldats de la force onusienne et dont les mères, pour certaines, avaient échangé faveurs sexuelles contre nourriture ou même été violées.

Pour des militants des droits de l'homme interrogés, la solution au problème est locale. Il faut "dégangstériser" de ceux qui dans le pouvoir protègent ou financent les maffieux,, disent-ils. Ce 12 octobre, Washington a décidé d'imposer des sanctions contre des responsables haïtiens qui sont soupçonnés d'avoir des liens avec les gangs, preuve que ce ne sont pas des accusations sans fondements.

États-Unis : une décision de justice inquiète les milieux complotistes

C'est un verdict historique, pour le New York Times, car il condamne lourdement un complotiste à qui on dit que toute parole proférée n'est pas sans conséquence sur Internet. Alex Jones, une figure de l'extrême droite aux États-Unis avec notamment son site de "réinformation", Infowars, vient d'être condamné à payer quasiment un milliard de dollars aux familles de victimes de la tuerie de Sandy Hook.

Une compensation de 965 millions de dollars précisément, pour la diffamation et le préjudice moral causé par ses propos répétés : que les proches des élèves morts lors de la tuerie dans cette école américaine en 2012, qui avaient été interviewés par les médias, étaient des acteurs payés par le gouvernement qui lui poursuivrait un agenda caché : celui de faire interdire les armes à feu dans le pays. Ses propos avaient incité sa communauté de fans à les harceler et à les menacer pendant des années.

Avec cette décision de justice, analyse CNN, c'est la chute de l'empire d'Alex Jones, qui a fait fortune avec le complotisme, la vente de matériel de survivalisme et de compléments alimentaires, pour un patrimoine estimé à 270 millions de dollars aujourd'hui. Et s'il est désormais potentiellement mis hors d'état de nuire par cette condamnation, la graine de la désinformation qu'il a planté est hélas encore en place dans la société américaine.

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