Enquêteurs brésiliens sur la trace de Dom Phillips et Bruno Pereira, Atalaia do Norte, le 15 juin 2022 ©AFP - Joao Laet
Enquêteurs brésiliens sur la trace de Dom Phillips et Bruno Pereira, Atalaia do Norte, le 15 juin 2022 ©AFP - Joao Laet
Enquêteurs brésiliens sur la trace de Dom Phillips et Bruno Pereira, Atalaia do Norte, le 15 juin 2022 ©AFP - Joao Laet
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Résumé

Un pêcheur brésilien a avoué avoir tué le journaliste et le militant indigéniste portés disparus depuis 10 jours dans la forêt amazonienne ; il a indiqué aux enquêteurs un lieu où des restes humains ont été découverts. En Suisse, une séance de team building tourne mal : 13 collègues hospitalisés.

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Au coeur de la forêt amazonienne : l'enquête sur la disparition de Dom Phillips et Bruno Pereira vient de connaître une très forte accélération.

Dix jours que le journaliste britannique et le défenseur brésilien des droits des peuples amazoniens étaient portés disparus, dans un environnement particulièrement hostile ; ce jeudi 16 juin au matin, le Guardian, pour qui Dom Phillips avait longtemps travaillé, annonce qu'un suspect a avoué avoir tué les deux hommes. Il a également conduit les enquêteurs, après quelques heures de pirogue et de marche dans la jungle, vers un endroit où des restes humains ont été retrouvés ; ils seront autopsiés ce jeudi, mais déjà dans la presse brésilienne on commence à parler de Dom et Bruno au passé, à évoquer leur mort jusque-là conditionnelle, et désormais documentée dans de nombreuses nécrologies.

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Le journal populaire O Dia publie déjà ces mots de la femme du journaliste Dom Phillips, qui déclare que cette annonce de la mort quasi-certaine de son compagnon, toute cruelle qu'elle soit, apporte au moins une réponse aux angoisses des dix derniers jours et permet de débuter le deuil, de ramener les corps à la maison et de leur rendre les derniers hommages. Un appel aussi, à ce que la page de la Justice puisse s'ouvrir, que toutes les personnes impliquées dans ces deux meurtres soient retrouvées, pour que de telles tragédies ne puissent plus se produire dans l'immensité de la forêt amazonienne.

Pour expliquer le crime et retrouver tous les responsables, il faut revenir à l'enquête : dans la Folha de Sao Paolo, on lit que le suspect qui a avoué est un pêcheur et que son frère a lui aussi été arrêté... Cela accrédite la thèse selon laquelle la présence du journaliste et du militant indigéniste dans ce secteur de l'Amazonie dérangeait fondamentalement les pêcheurs qui violent allègrement les règles de protection de la nature et des tribus autochtones, pour augmenter leurs profits.

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Derrière ces assassinats, y aurait-il d'autres intérêts occultes ? C'est une question posée par le portail d'info R7 qui nous apprend que dans le cadre de l'enquête, un mandat d'arrêt a été lancé contre un homme considéré comme le principal trafiquant de cocaïne entre le Brésil et le Pérou... car la région où Dom Phillips et Bruno Pereira ont disparu - et où ils ont sans doute été tués - se trouve sur la frontière entre les deux pays.

Dans cet endroit loin de toute autorité mais qui héberge aussi le plus grand nombre de tribus amérindiennes isolées de toute l'Amazonie - selon Nadia Pontes pour la Deutsche Welle - un représentant des ces peuples autochtones raconte comment les siens se sentent toujours plus menacés par l'expansion des trafics et du braconnage. Ce sont autant de sujets sur lesquels Bruno Pereira était devenu leur principal allié, le meilleur connaisseur et défenseur des droits des communautés amazoniennes. Une cible sans doute trop visible pour tous ceux dont il gênait les affaires.

Bero Marubo, de l'Union des peuples indigènes de la vallée de Javari, où les meurtres ont eu lieu, demande que la justice aille au fond du problème. Mais il n'est pas rassuré par le manque criant de bonne volonté que les autorités brésiliennes ont mis à déclencher les recherches pour Dom et Bruno.

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Dans une interview sur la chaîne UOL, le président Jair Bolsonaro expliquait hier, sans beaucoup d'empathie, que les deux hommes étaient "mal vus dans la région où ils ont disparu, mal aimés par les pêcheurs notamment" : comme une manière de justifier leur mort, ils n'auraient pas dû aller mettre leur nez dans ces affaires...

Cela nous renvoie à ce qu'écrit dans El Pais America l'éditorialiste brésilienne Eliane Brum. Elle qui connaissait bien Dom Philipps raconte son combat à ses côtés pour dénoncer les agissements de ces milices armées, à la solde d'intérêts privés, qui sèment la terreur parmi les habitants de la jungle, brulent des maisons, enlèvent des familles, pour laisser le champ libre à leurs trafics.

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Eliane Brum accuse Jair Bolsonaro de tolérer, sinon de soutenir, ces groupes criminels, et surtout d'avoir déclaré une guerre économique et environnementale à la plus grande forêt tropicale de la planète comme à ceux qui la peuplent. Comme l'invasion de l'Ukraine par la Russie, cette guerre d'Amazonie a des conséquences mondiales, insiste la journaliste. Pour lui, Brunoi Pereira et Dom Philipps doivent par conséquent être considérés comme "des victimes de guerre".

En Suisse : un fait-divers qui en dit long sur les questions de survie en entreprise

L'histoire est révélée par le Tages Anzeiger, dans l'édition de Zurich : on y raconte un séminaire d'entreprise comme il y en a tant à cette saison. On fait le bilan de l'année écoulée, on fixe les objectifs pour l'année à venir, tout en soignant la cohésion d'équipe, l'ambiance collective de travail. Cela passe par des activités de team building : sur les bords du lac de Zurich les salariés de l'agence de publicité Goldbach se sont vus proposer de marcher sur un tapis de charbons ardents, pour tester leur courage et leur détermination et affronter ensemble l'adversité... Autant de valeurs fondamentales en entreprise, leur a-t-on expliqué, quand il faut arrêter de trop réfléchir... et y aller !

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Le journal francophone Le Matin, rapporte que treize employés se sont retrouvés aux urgences, avec de grosses cloques, très douloureuses, faut-il le préciser, sur la plante des pieds.

"Tous ceux qui ont marché sur le feu l'ont fait volontairement", de leur plein gré, affirme la direction de l'entreprise à l'édition suisse de 20 Minutes. Et de préciser que 25 personnes seulement ont accepté le défi sur 140 participants au séminaire en tout. Il leur avait été expliqué avant "qu'il y avait autant de courage à refuser de le faire qu'à accepter"... mais dans l'univers de concurrence et de subordination de l'entreprise, la question-même du volontariat mérite sans doute d'être relativisée, quand il s'agit d'accepter de marcher devant ses collègues et supérieurs, sur des braises incandescentes...